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Affaire Adnane : Des associations réclament une «exécution» des pédocriminels

Au lendemain de la découverte du corps sans vie du petit Adnane, les appels à l'effectivité de la peine de mort pour les prédateurs sexuels. Certaines ONG de défense des enfants réclament elles aussi une «exécution» des pédocriminels.

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Photo d'illustration / DR.
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Quelques heures après la découverte du corps d’Adnane Bouchouf, une personne a été interpellée pour soupçons d’enlèvement, de viol et de meurtre sur l’enfant de 11 ans. L’affaire, qui a mis en émoi le Maroc, remet en question les mécanismes de la protection de l’enfance, la prise en charge des disparitions et les peines prévues dans le cadre des crimes rattachés.

Présidente de l’ONG Touche pas à mes enfants contactée par Yabiladi, Najia Adib appelle plutôt à une application stricte des dispositions déjà prévues par le Code pénal. «Nous n’exigeons pas moins qu’une peine capitale exemplaire, pour que tout pédophile qui voudra passer à l’acte s’imagine qu’il sera le prochain à être exécuté», tranche-t-elle.

Cette question a d’ailleurs été au sujet d’un large débat au sein du bureau de l’association, dont Abderrahmane Bendiab fait partie. «Nous adhérons et adoptons toutes les valeurs universelles des droits humains, ainsi que les réformes du droit international. Nos membres plaident donc pour l’abolition de la peine de mort, certes, mais appellent à son maintien dans les cas des viols et meurtres de mineurs, après un vote à la majorité», nous explique celui qui est également président national de l’Alliance citoyenne pour les droits humains (ACDH).

Les pédophiles «ont souvent fait plusieurs victimes»

Najia Adib considère que «lorsqu’un pédophile meurtrier reste en prison, il est pris en charge sur le dos du contribuable». Selon elle, «il n’existe pas de mesures punitives garantissant qu’après son séjour, il ne récidivera pas».

La militante exprime sa certitude «quand des pédophiles sont arrêtés après la découverte du corps de leur victime tuée, ils ne sont pas à leur premier crime du genre, mais ils sont pris la main dans le sac par rapport à celui qui leur a coûté l’arrestation».

«Nous n’accepterons pas d’autre mesure que la peine capitale avec une exécution. Elle existe bien dans les articles 392 et 471 à 473 du Code pénal, relatifs au kidnapping qui, lorsqu’il en résulte un meurtre, expose son auteur à une condamnation à mort.»

Najia Adib

Depuis hier, l’avocat de l’association s’est saisi du dossier d’Adnane, en soutien à sa famille. Cette dernière a également reçu une visite de l’ONG, qui décrit «une catastrophe humaine à tous les niveaux».

Renforcer les mesures de recherche en cas de disparition des mineurs

Au lendemain de la découverte du meurtre, l’association Touche pas à mon enfant a plutôt appelé à l’urgence de renforcer les outils législatifs permettant des recherches plus rapides, en cas de signalement d’une disparition de mineur. Elle rappelle que dans l’usage, l’alerte donnée à la police ne permet d’enclencher des recherches actives immédiates, dans la mesure il faut attendre 24 heures si l’enfant peut réapparaître. L’ONG a également saisi le parquet dans ce sens.

En effet, les premières heures d’un kidnapping sont souvent décisives dans la vie de l’enfant enlevé, confirme Najia Adib. Abondant dans le même sens, elle estime qu’«un délai aussi long qui laisse trop de possibilités au ravisseur, alors que durant les premières 24 heures, il faut au moins mener des opérations de ratissage, mobiliser des unités mobiles et boucler les zones où l’enfant est susceptible de se trouver».

«On n’accorde pas à la protection des enfants la priorité et le caractère urgent qu’elle doit avoir, d’un point de vue légal mais aussi d’un point de vue de la responsabilité de la société et des institutions sur nos enfants.»

Najia Adib

Mustapha Attar, président de l’association ANIR pour la solidarité l’action sociale auprès des enfants en situation difficile, estime auprès de Yabiladi qu’«il existe un arsenal juridique doté de mécanismes de protection, mais qui ne sont pas mis en œuvre systématiquement». Il dit observer par moments un «relâchement laissant comprendre que la pédophilie n’est pas réellement une question prise avec le sérieux et la fermeté qu’il faut».

De ce fait, le militant considère «important» de mener une sensibilisation auprès des familles pour conscientiser les enfants sur leurs droits à la protection, mais qu’«il faut sensibiliser également le personnel de justice et de la police, parallèlement à des réformes pénales». Il insiste également sur l’importance de la réparation psychologique des enfants survivants d’une agression pédocriminelle.

Article modifié le 2020/09/15 à 20h02

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