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Economie Publié

Maroc : Malgré la crise, l’industrie automobile garde tous ses atouts

Le Maroc reste le «premier marché de la région Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA)», selon l’indice de risque / récompense de la production automobile établi par Fitch Solutions. Et bien qu’il soit impacté par la pandémie du coronavirus, l’effet net de sa contre-performance sur l’entrée des devises peut être «moins prononcé».

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L'usine Renault à Tanger. / DR

Bien qu’elle se soit contractée, dans un contexte morse sous les effets de la pandémie du nouveau coronavirus, l’industrie automobile nationale garde toutefois ses atouts. Ainsi, grâce à de «solides perspectives de croissance de la production», de faibles coûts de main-d'œuvre et une politique industrielle positive, le Maroc est le «premier marché de la région Moyen Orient et Afrique du Nord (MENA) dans l’indice de risque / récompense de la production automobile» établi par Fitch Solutions.

Selon une mise à jour publiée mercredi par ce dernier, le Maroc surpasse ainsi la moyenne régionale en termes de croissance de la production de véhicules, du volume de production de véhicule, de capacité de fabrication, du risque logistique et de la force de la politique industrielle. Il fait aussi mieux pour les indices de risque politique à long et à court terme et de risque opérationnel.

Une bonne croissance de la production de véhicules

Selon le Fitch Solutions Country Risk & Industry Research, «le score global de l'indice de risque / récompense de la production automobile (RRI) du Maroc est de 46,7 sur 100, ce qui le classe comme le marché le plus attractif de la région MENA pour les opportunités de production, mais place le pays juste en dessous de la moyenne mondiale de 50,0».

«Le score le plus élevé du Maroc, à la fois du côté des récompenses de l'industrie et dans l'ensemble, concerne la croissance de sa production de véhicules, à 83,9 sur 100, sur la base de nos prévisions de croissance de la production, bien que ce soit en baisse par rapport à 92,9 au dernier trimestre», ajoute-t-on.

Et d’expliquer que parmi les raisons pour lesquelles les entreprises du secteur choisissent le Maroc pour leurs usines, le score moyen du coût de la main-d'œuvre, qui s’élève à 66,1 sur 100, indiquant des coûts de main-d'œuvre bas, tout comme la force de sa politique industrielle, avec un score de 81,3 sur 100. Et de rappeler que «le gouvernement soutient activement le développement de l'industrie» automobile au Maroc.

Pour les scores les plus bas du pays, Fitch Solutions estime qu’ils «montrent là où le pays a encore une marge de développement». Et de rappeler que le Maroc obtient un score de seulement 35,7 sur 100 pour la capacité du secteur manufacturier du pays en général. «Nous devrions nous attendre à ce que cela s'améliore au fil du temps à mesure que des secteurs tels que la fabrication d'automobiles se développent davantage», prévoit-on.

Cependant, le Maroc doit également améliorer son réseau logistique du pays et la croissance de la main-d'œuvre active. L’institution pointe du doigt le score relativement faible de 32,1 sur 100 pour le risque logistique, qui mesure la qualité et la fiabilité du réseau logistique du pays. «Étant donné que de nombreuses entreprises choisissent le Maroc pour sa position géographique entre la région MENA et l'Europe et les opportunités commerciales qui en découlent, cela devrait être un domaine sur lequel se concentrer», conclut-on.

Automobile et Covid-19 : l’effet net de la contre-performance peut être «moins prononcé»

Dans une analyse publiée la semaine dernière, le Policy Center for the New South s’est lui-aussi intéressé à l’industrie automobile au Maroc, sous un autre angle.

Rappelant que «le secteur n’est pas resté à l’abri de ce contexte mouvementé» et que «les performances à l’exportation dénotent d’un recul de près de 40% du chiffre d’affaires sur la première moitié de l’année», l’article de l’économiste Abdelaziz Ait Ali, intitulé «Industrie automobile nationale face à la Covid-19 : Faut-il se préoccuper de l’impact sur le compte courant ?» estime toutefois que «l’effet net de cette contraction sur l’entrée des devises ne devrait pas être aussi important».

Il cite ainsi deux raisons principales. La première est liée à la «forte dépendance du secteur vis-à-vis des intrants importés qui réduirait ainsi la demande du secteur en biens intermédiaires». Quant à la deuxième, elle a «trait à la prépondérance du capital étranger dans le secteur, lequel capital verra ses rapatriements de bénéfices se tasser».

Plus loin dans cette analyse, l’économiste considère qu’«il est important de souligner que l’effet net de la contre-performance du secteur sur les équilibres externes est à relativiser et peut être moins prononcé».

L'usine PSA à Kénitra. / DRL'usine PSA à Kénitra. / DR

«Durant les 3 premiers mois de l’année, les exportations du secteur automobile ont reculé de près du quart par rapport à la même période de l’année 2019, avant même que l’état d’urgence et le confinement soient décrétés dans le royaume», rappelle-t-il.

Les produits finis, notamment ceux de l’assemblage, ont été particulièrement touchés, à hauteur de 36%, suivis par les semi-produits (26% pour le câblage et 13% pour les produits d’intérieur du véhicule et sièges). Et au fil des mois, la situation a rapidement empiré avec une baisse des exportations passant à près de 40%, «de manière plus prononcée cette fois-ci pour les produits intermédiaires», ajoute-t-il.

De ce fait, en valeur absolue, le recul est équivalent à 13,9 milliards de dirhams sur les 5 mois de l’année, alors que «si le secteur clôture l’exercice 2020 sur la même contre-performance, le manque à gagner pour le secteur automobile franchirait les 33 milliards de dirhams, ou l’équivalent de 3% du PIB», conclut l’analyse.

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