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Breve

Paris : Insultes, racisme et maltraitances… Les révélations sur la vie en cellule du tribunal

Publié
Le Tribunal de grande instance de Paris / Ph. Yann Castanier
Temps de lecture: 2'

Entre 2018 et 2019, les justiciers du Tribunal de grande instance de Paris ont fait l’objet d’insultes, de traitements racistes et dégradants. C’est le brigadier-chef Amar Benmohamed, aussi officier de police judiciaire et délégué syndical chez Unité SGP-Police, qui a lancé l’alerte, sur la base de documents internes lui ayant servi à faire des rapports.

Révélés par StreetPress, les signalements dénoncent plusieurs situations de maltraitance : privations de nourriture, empêchements d’accès aux soins, insultes racistes et homophobes, harcèlement sexuel et moral ou encore humiliations. Dans les sous-sols du tribunal de Paris, au niveau des cellules du dépôt, un millier de personnes auraient fait l’objet de ces traitements. Une vingtaine de policiers, membres de l’équipe de nuit, seraient en cause. «Pour certains faits, on peut presque parler de torture», affirme le lanceur d’alerte.

L’un des rapports fait état d’une régularité dans les propos racistes à l’égard des justiciers d’origine étrangère, «de type maghrébin ou africain». «Sale bougnoule, sale race, négro, sale pédé (sic)» ont été fréquemment utilisés, même dans les haut-parleurs du site. «Je te lancerais tout ça dans la Seine», «si on me laissait faire, je mettrais le feu à toutes ces merguez», ont fait partie aussi du langage.

StreetPress révèle aussi que pour des justiciers de confession musulmane, certains agents ont fait croire que la nourriture contenait du porc, «afin qu’ils se privent eux-mêmes de repas». «Par esprit de corps et par peur du scandale sans doute, la hiérarchie du brigadier-chef Amar Benmohamed a sciemment étouffé l’affaire», indique la même source. «Si je parle aujourd’hui, c’est parce que j’ai tout fait [à l’intérieur de la police] pour régler cette affaire et ça a échoué», confie-t-il.

L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) s’est saisie de ses signalements, en menant trois enquêtes. «A ce jour, aucune sanction n’a été prise et la justice n’a pas été saisie pour ces faits», souligne en revanche le média. Dans le cadre des mesures prises, un agent de police est renvoyé en conseil de discipline pour «comportements inappropriés envers les détenus» et «manquements au devoir d’exemplarité». Cinq autres subiront des sanctions.

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