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Grand Angle

Tindouf : Alger prépare un changement à la tête du Polisario ?

La direction du Polisario pourrait connaitre de profonds changements. La nouvelle présidence algérienne prépare un successeur à Brahim Ghali, qui n'est autre que l'actuel représentant Front à Alger.

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Abdelkader Taleb Omar, représentant du Front Polisario à Alger / Ph. SPS
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C’est au terme d’un congrès extraordinaire que Brahim Ghali a été désigné le 9 juillet 2016 chef du Polisario. Il remplaçait à ce poste Mohamed Abdelaziz, décédé quelques semaines auparavant après une longue maladie. Après quatre ans d’exercice, l’heure du changement a-t-elle sonné ?

Dans les camps de Tindouf circule avec force, le nom de Abdelkader Taleb Omar comme éventuel successeur à Ghali. La dernière réunion du secrétariat général du Polisario, tenue du 12 au 14 juillet, a connu une présence remarquée de l’actuel représentant du Front dans la capitale algérienne.

C'est d'ailleurs lui qui est désormais mandaté pour adresser des messages directs au Maroc et aux Nations unies, depuis les camps de Tindouf. Jusqu'ici, ces déclarations étaient du ressort de Brahim Ghali ou de Khatri Addouh, chef du secrétariat de l’organisation politique du Polisario. Un poste que Ghali avait occupé avant qu’il ne prenne les commandes du mouvement en juillet 2016.

La machine de préparation de Taleb Omar lancée

Après la réunion du secrétariat général, Taleb Omar n’a pas aussitôt regagné le siège de la représentation du Front à Alger. Il a entrepris une tournée dans les camps de Tindouf afin de «promouvoir les conclusions de la dernière session du secrétariat général» et d'expliquer à la population sahraouie «l’orientation sérieuse du nouveau comportement du Polisario vis-à-vis de l’ONU», indique l’agence de presse du Front. «Il ne reste plus que l’intronisation officielle de Taleb Omar comme nouveau chef du Polisario. Il est d'ores et déjà considéré comme le n°2 du Front», explique un expert de la question sahraouie.

Le parrain algérien serait derrière ce changement de cap, conséquence des changements à la présidence et à la tête de l'état major post Hirak. «Cette ascension de Taleb Omar est liée au besoin d'avoir un homme capable de freiner l’expansion des réseaux de contrebande et de trafic de drogue qui alimentent l’insécurité dans les camps, ainsi que l'influence des groupes islamistes jihadistes, notamment dans les rangs de la jeunesse sahraouie», estime l'expert. «Après quatre année d’exercice, les nouveaux dirigeants à Alger ont constaté l’échec de Brahim Ghali à faire face à ces deux menaces et sont prêts à le lâcher», ajoute-t-il.

Ce n’est, d’ailleurs, pas la première fois que Abdelkader Taleb Omar est cité à la présidence du Polisario. Son nom était présenté comme principal adversaire de Ghali lors du 15e congrès, tenu en décembre 2019 à Tifariti. Pour l’écarter de la course, Ghali avait exhumé la condition de l’ «expérience dans des combats » contre les Forces armées royales pour tout prétendant au poste de chef du Polisario.

Abdelkader Taleb Omar, ancien «Premier ministre» de 2003 à 2018, a cependant un sérieux handicap à combler : Il n’est pas originaire de la puissante tribu des Rguibates mais des Oulad Dlim.

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