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Société Publié

Les saisonnières marocaines bloquées à Huelva rapatriées à partir de ce samedi

Les autorités marocaines et espagnoles sont parvenues à un accord permettant de lancer, dès cette semaine, une opération de rapatriement au profit des saisonnières marocaines. Bloquées à Huelva depuis la fin de la récolte des fraises, certaines effectueront ce mercredi des tests de dépistage en préparation à ce départ imminent.

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Photo d'illustration. / DR

Bonne nouvelle pour les 7 100 saisonnières marocaines qui sont restées bloquées dans la province de Huelva depuis la fin de la campagne de cueillette des fraises il y a plus d’un mois.

Selon l'agence espagnole EFE et Huelva informacion, elles regagneront le Maroc à partir de la fin de cette semaine dans le cadre d’une campagne de rapatriement, négociée entre le gouvernement andalou et le gouvernement marocain.

«L'administration andalouse prendra en charge les tests PCR qui doivent être effectués sur chacun des saisonnières qui restent à Huelva depuis la fin de la campagne agricole de fruits rouges», précise Huelva informacion. Et d’évoquer «des semaines de négociation entre le gouvernement marocain, représenté par son ambassadrice en Espagne Karima Benyaich, les autorités espagnoles et Interfresa en tant que représentant des entrepreneurs agricoles de la province de Huelva».

«Le coût de la réalisation des tests sera pris en charge par le gouvernement andalou», tandis que le Maroc «dépêchera un bateau», précise-t-on encore. «Les tests PCR commencent aujourd'hui et le temps estimé pour le résultat se situe entre 24 et 72 heures, donc les premiers résultats seront connue dès demain», conclut-il.

Des tests PCR ce mercredi pour un retour prévu samedi

Ce retour imminent des saisonnières marocaines est par ailleurs confirmé par certaines parmi elles. «Un coordinateur de l’entreprise nous a contactées pour nous annoncer que nous serons rapatriés ce samedi et qu’ils vont nous faire des tests ce mercredi», nous déclare Souad*, une saisonnière marocaine originaire de la région d’El Jadida.

«Un premier groupe de 19 saisonnières est déjà parti pour faire le dépistage. Mon groupe sera le suivant mais il y a aussi d’autres groupes de saisonnières. Nous ne savons pas pour l’instant si nous partons de Huelva ou de Mazagón», ajoute-t-elle.

Au chômage depuis un mois et demi, cette saisonnière rappelle être en charge par l’entreprise pour laquelle elle travaille pour l’hébergement seulement. «Ce n’était pas facile, étant donné que tout est cher ici en Espagne et que nous avons déjà envoyé de l’argent à nos familles», estime-t-elle.

«D’après ce qu’on nous a dit, l’employeur est censé payer notre transport en bus et nos billets de bateau pour le Maroc en prélevant sur nos salaires. Mais pour ce rapatriement depuis le Maroc, le coordinateur nous a déclaré que notre pays prendra en charge tous les frais. Nous attendons donc que l’entreprise nous rend cet argent avant de rentrer.»

Souad

La fin d'une longue attente marquée par du désespoir

Habituée à ce périple entre le Maroc et le royaume ibérique depuis trois ans, cette saisonnière dit ne pas savoir si elle retournera en Espagne l’année prochaine, compte tenu de ce qui s’est passé lors de cette saison.

Elle annonce avoir «déjà appelé» sa famille pour leur annoncer la bonne nouvelle. «Ils sont très contents, puisque ce retour coïncide avec l’Aid El Kébir. Nous étions vraiment désespérées avant cette annonce», conclut-elle.

Khadija, 53 ans, travaillant en tant que saisonnière marocaine et qui s’est également retrouvée bloquées à Huelva depuis la mi-février, confirme aussi. «Des responsables d’une association sont venus dans notre lieu d’hébergement pour nous annoncer que nous serons rapatriées ce samedi», déclare-t-elle, en ajoutant que parmi les huit femmes présentes dans le logement, «sept ont été choisies» pour partir les premières.

«Ils nous ont dit qu'ils effectueraient des tests de laboratoire pour le dépistage du coronavirus au cours des prochains jours avant ce voyage», enchaîne-t-elle.

Khadija, dont le premier contrat de travail a expiré fin juin a été plus chanceuse. Elle dit, en effet, avoir été embauchée pour un deuxième contrat d’une semaine, pour récolter des fraises. La majorité des saisonnières n’ont pas eu cette chance, et ont été au chômage depuis mi-mai ou juin.

L’annonce du rapatriement imminent vient donc mettre fin à plusieurs semaines d'incertitude et une longue attente qui semble enfin prendre fin.

* Le prénom a été changé

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