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Economie Publié

Tourisme : Le Maroc 7e pays le plus touché par la crise selon la CNUCED

Dans ses prévisions, la CNUCED classe le Maroc comme le 7e pays le plus touché par l’impact du coronavirus sur le secteur touristique. Le royaume perdra entre 5 et 9% du PIB et entre 58 et 110 milliards de dirhams en valeur.

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Des Marocaines dans la place Jamaa El Fna à Marrakech. / Ph. Fadel Senna - AFP

La pandémie de la COVID-19 a provoqué d'importantes perturbations de l'économie mondiale. Pour de nombreux pays développés et en développement, le secteur du tourisme est une source importante d'emplois, de recettes publiques et de recettes en devises, alors qu’à la fin du premier trimestre de 2020, la pandémie a brutalement interrompu les voyages internationaux et a eu impact significatif sur l'industrie du tourisme.

C’est dans ce contexte que la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) de l’ONU a sorti, la semaine dernière, son rapport intitulé «Covid-19 et tourisme», qui revient sur l’impact de la pandémie sur un secteur vital pour plusieurs pays.

Le Maroc, l'un des 15 pays le plus touchés

Ainsi, selon le rapport, le Maroc serait l’un des 15 pays les plus touchés, selon un scénario modéré. Les experts de la CNUCED ont en effet fait appel à des modèles d'équilibre général calculable (MEGC), utilisant des données économiques réelles pour estimer l’évolution d’une économie ou d’un secteur.

Le royaume se place à la 7e place, derrière le Kenya et devant la Grèce. Le rapport prévoit ainsi une baisse du 5% du PIB du royaume dans un scénario modéré, tandis que le repli peut atteindre -9% dans le cadre d’un scénario dramatique. En valeur, la baisse varie ainsi entre 58 907 millions de dirhams (6 079 millions de dollars) pour le scénario modéré et 110 188 millions de dirhams (11 371 millions de dollars) pour le scénario le plus pessimiste.

En tête de liste, Jamaïque (-11%), la Thaïlande (-9%) et la Croatie (-8%), alors que l'Afrique du Sud (-3%), la Malaisie et l'Espagne (-3%) occupent respectivement les 13, 14 et 15ème place.

«Sur la base des résultats, l'impact sur le PIB est significatif lorsque les effets directs et indirects d'une réduction du tourisme international sont évalués. Une baisse de la demande d'exportations et / ou une baisse de la demande et de l'offre nationales en raison de mesures de verrouillage prolongées aurait également un effet négatif aggravant sur la situation économique de nombreux pays», expliquent les experts de la CNUCED.

L’emploi qualifié et non qualifié fortement touchés

Quant aux impacts sectoriels, le rapport prévoit que les services récréatifs et autres connaîtront une baisse de -55%, tout comme l’hébergement, restauration et services. Le repli du logement sera de -5%, alors que la baisse est -2% pour le commerce, la construction, les services financiers et assurances, le transport aérien et les communications. De plus, la baisse est de -1% pour les boissons et produits du tabac et de -0.8% pour l’alimentation et secteurs sélectionnés.

La même source indique que les secteurs d’électricité, eau, véhicules, moteurs et pièces ne seront pas touchés. Pour les effets sur l'emploi, l’impact varie entre -5 et -9% sur les salariés qualifiés et entre -6 et -10% sur les emplois non qualifiés pour le Maroc, ajoute-t-on. Quant aux salaires des emplois qualifiés, la baisse serait entre -5 et -9%.

La CNUCED reconnait que le tourisme international est l'un des secteurs économiques les plus touchés par la pandémie de COVID-19. «Le secteur mondial du tourisme pourrait perdre au moins 1,2 trillion de dollars, soit 1,5% du produit intérieur brut (PIB) mondial, après avoir été immobilisé pendant près de quatre mois en raison de la pandémie de coronavirus», ajoute-t-on.

Et d’avertir que la perte pourrait atteindre 2,2 trillions de dollars ou 2,8% du PIB mondial si la coupure du tourisme international durait huit mois, conformément à la baisse prévue par l'Organisation mondiale du tourisme des Nations Unies (OMT).

La CNUCED estime enfin les pertes, dans le scénario le plus pessimiste et une interruption de 12 mois du tourisme international, à 3,3 milliards de dollars ou 4,2% du PIB mondial.

Article modifié le 2020.07.06 à 19h31

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