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ONU : Le Maroc et l’Algérie s’écharpent sur la question du Sahara au CDH

L'Algérie et le Maroc croisent à nouveau le fer au Conseil des droits de l'Homme à Genève. Deux présidents de régions sahraouies ont repliqué au diplomate algérien. 

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Michelle Bachelet, Haut-Commissaire des Nations unies aux Droits de l’Homme/ DR
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Le Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU tient à Genève les travaux de sa 44e édition du 30 juin au 17 juillet. Une occasion pour le Maroc et l’Algérie d’étaler, à nouveau, leurs profondes divergences sur la question du Sahara occidental.

Hier, le n°2 de la représentation permanente de l'Algérie auprès de l'ONU à Genève a demandé au Haut-Commissaire des Nations unies aux Droits de l’Homme, Mme Michelle Bachelet, de reprendre le programme des visites techniques du HCDH dans la province, suspendu depuis 2015.

Mehdi El Yatim a, par ailleurs, invité l’ancienne présidente du Chili à réactualiser la base de données des sociétés créés au Sahara. Et d’appeler à «l’arrêt urgent» de toutes les activités économiques visant à «torpiller les efforts internationaux devant mettre un terme aux manifestations de l’occupation», rapporte l’agence officielle de presse du Polisario.

Les présidents de régions au Sahara répliquent

Après cette sortie du diplomate algérien, le Maroc se devait de répliquer. Rabat a choisi de confier cette mission à Sidi Hamdi Ould Errachid et Ynja Khattat, respectivement présidents des régions Laâyoune-Sakia El Hamra et Dakhla-Oued Eddahab. Deux représentants de la population sahraouie élus à des postes de responsabilités et qui, de surcroît, avaient déjà participé aux deux rounds de la table ronde de Genève de décembre 2018 et mars 2019.

Dans une lettre adressée à Michelle Bachelet, ils dénoncent «la propagande trompeuse» véhiculée par l’Algérie et le Polisario visant à priver les habitants des deux régions des bénéfices du développement. Les deux présidents, dont un (El Khattat) était un haut cadre du Front avant de regagner le Maroc, ont souligné que l’Algérie «doit être interpellée sur sa politique de diversion et de désinformation visant à détourner l’attention sur le drame des personnes séquestrées à Tindouf», rapporte la MAP.  

Les deux présidents rappellent dans leur missive que «les sahraouis adhèrent de façon libre aux partis politiques et aux associations et participent massivement et en toute liberté, aux différentes échéances référendaires et électorales, avec un taux de participation de 70% qui dépasse la moyenne nationale (52 %), ce qui ôte toute crédibilité aux allégations du mouvement séparatiste sur sa prétendue représentation des habitants du Sahara marocain».

Des arguments, aux côtés d’autres paramètres, ayant permis au Maroc de convaincre en 2018 l’Union européenne et la majorité écrasante au Parlement européen de contourner avec succès les verdicts de la Cour de l’Union Européenne de Justice et d’intégrer le Sahara dans les accords agricole et de pêche.

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