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Economie Publié

Le Maroc annonce un régime sec pour les recrutements dans la fonction publique

Dans une circulaire, le chef du gouvernement appelle au gel des postes budgétaires et à la rationalisation des dépenses. Une annonce qui renforce les craintes exprimées sur les pertes d'emplois et l'employabilité des jeunes diplômés post-Covid-19.

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Le chef du gouvernement, Saadeddine El Othmani et le ministre de l'Economie, des finances et de la réforme de l'administration, Mohamed Benchaaboun. / DR

Le chef du gouvernement, Saadeddine El Othmani a invité, mercredi, les départements ministériels et établissements publics à ne pas créer de nouveaux postes budgétaires pour l’année 2021. Un gel qui cependant ne concernera pas les secteurs de la Santé, de l’Education nationale, de la défense nationale et de l'Intérieur, selon la circulaire adressée par le chef de l’exécutif aux différents ministères et administrations nationales.

Dans le cadre des dépenses de fonctionnement, l’ensemble des secteurs ministériels et administrations doivent aussi «se concentrer sur les dépenses importantes et urgente à travers la poursuite des efforts pour leur rationalisation en fonction du contexte imposé après la pandémie du coronavirus».

Des priorités dictées par l’impact de la pandémie

Pour ce qui est de l’investissement, El Othmani a appelé le secteur public à «donner la priorité à la mise en œuvre des projets en cours d’exécution, en particulier ceux ayant fait l’objet de partenariats et conventions signés devant Sa Majesté le Roi et ceux bénéficiant de financements étrangers en accordant une préférence pour les projets entrepris par les entreprises marocaines, surtout celles utilisant des produits locaux».

Dans sa circulaire, le chef du gouvernement a appelé les ministères et entreprises publiques à «mettre à jour les propositions relatives à la programmation budgétaire triennale (2021-2023)». Il a rappelé qu’en raison du contexte exceptionnel de la crise liée à la pandémie de coronavirus, les données macroéconomiques incluses dans la circulaire du 11 mars 2020 sont «dépassées». Et d’expliquer que «les répercussions économiques et financières de cette crise nécessitaient un réexamen de la dotation budgétaire pour l'exercice en cours, conformément aux priorités découlant de l’impact de la pandémie sur les plans sanitaire, social et économique».

«Compte tenu de la poursuite attendue de l'impact négatif de cette pandémie sur l'activité économique et l'état du budget, notamment la forte baisse des ressources de l'État, la préparation des propositions susmentionnées devrait s'inscrire dans la poursuite des efforts pour relancer le dynamisme économique national, ainsi que la poursuite des efforts de gestion des dépenses et l’optimisation des marges financières disponibles pour permettre une reprise progressive des équilibres macroéconomiques», note-t-il.

L’employabilité des jeunes à l’ère de la récession

Les propositions des département ministériels et administrations publiques seront discutées au cours de la période allant du 3 au 14 juillet 2020, au niveau des comités de programmation et d'efficacité de la performance qui se tiendront à la direction du Budget du ministère de l'Economie, des finances et de la réforme administrative.

Cette annonce du gel de création de postes budgétaires a été précédée par l’appel des organisations syndicales marocaines à «des mesures concrètes pour la préservation d'emplois menacés de suppression suite à la pandémie du coronavirus». La semaine dernière, lors de l'ouverture de la première réunion du dialogue social tripartite, les syndicats ont indiqué que la pandémie mondiale de la Covid-19 entraine de nombreuses répercussions sociales dont l’éventualité de la disparition de plusieurs emplois et métiers. Au moment où la crise sanitaire affecte les emplois existants, le secteur public réduit également la voilure, affectant d'autant plus l'employabilité des jeunes.

Pour rappel, dans un sondage réalisé du 02 au 30 mai 2020 auprès d’un échantillon représentatif de 13 005 étudiants, 1 279 lauréats et 812 managers, la plateforme Stagiaires.ma a indiqué que «86% de jeunes lauréats ont vu leur recrutement suspendu ou reporté en raison de la pandémie du coronavirus».

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