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Plus de 200 millions de Dh par an destinés aux Marocains résidant à l'étranger

Ministère délégué en charge de la communauté marocaine résidant à l’étranger, Fondation Hassan II…pour les MRE, Conseil (ni Royal ni Supérieur) des MRE,… C’est à se convaincre que les Marocains qui résident à l’étranger constituent «la» priorité nationale et «la» préoccupation majeure de l’Etat marocain. Dans tout les cas, les «immigrés» font recette. Manne financière pour le pays, opportunités de développement à l’étranger pour les entreprises marocaines, positionnement du Maroc sur la scène internationale dans les débats liés à la gestion des flux migratoires, soutien matériel pour leur famille,… En clair, le Royaume «s’accroche» à ses MRE.
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Pour donner encore plus de volume à cette réalité, l’Etat a décidé de créer une superstructure intitulée le Conseil de la Communauté Marocaine résidant à l’Etranger (CCME) qui aura pour attribution, entre autres, de construire une politique migratoire, de défendre les intérêts de la dite communauté dans les pays de résidence, de faciliter les démarches administratives des MRE,… mais pas d’exercer une citoyenneté politique au Maroc, pas de pouvoir être représentée dans les centres de décisions, pas de pouvoir agir directement dans les politiques publiques dédiées aux MRE, pas de pouvoir être entendue au plus haut sommet de l’Etat. Et la liste n’est pas exhaustive.

A contrario, il est chaleureusement proposé à la diaspora marocaine d’être l’otage d’hommes et de discours stériles, de show sans vedettes, d’actions cosmétiques épisodiques, de programmes sans saveurs ou encore de «projets politiques» portés par des individus sans convictions. Qui sont les MRE dont parle le Maroc ? L’élite politique, intellectuelle, économique, artistique ou bien des MRE considérés comme ne faisant partie d'aucune élite (soit plus de 90%) ? Et que fait-on des MRE nouvelles générations (jusque là oubliés par les autorités compétentes), fiers de leur double identité et fiers de leur culture plurielle. Double culture ne doit pas se réduire à une double sanction !? Injecter 2 millions d’euros/an pour la gestion du dossier MRE -alors que le Maroc est un pays qui doit faire face à des déficits sociaux importants- doit imposer sagesse, réflexion et une (sur)dose d’humilité.

Si un travail de sensibilisation est nécessaire en faveur des médias (sur le traitement accordé à cette population), et en direction de la société marocaine (histoire de casser les clichés), il n’en reste pas moins que les «opérateurs» en charge d’œuvrer en faveur de la diaspora doivent vivre avec leur temps. C’est toute la crédibilité et la réussite de ces initiatives qui sont en jeu. Or, pour le moment, ils se «crêpent» le chignon. Profitant du flou artistique qui plane sur la création du Conseil, sur le positionnement de la Fondation Hassan II et sur le rôle du ministère des MRE, certains individus tentent de polluer l’environnement et de tirer la couette vers eux. Un vrai «combat» à distance au plus grand dam des principaux concernés, les Marocains d’ailleurs.

Le Roi Mohammed VI a fixé le cap : renforcement du rôle de la communauté marocaine résidente à l’étranger et constitution d’un corps électoral afin de lui donner la possibilité d’exercer une citoyenneté politique. En outre, on peut lire en filigrane que le Chef de l’Etat «reconnaît» l’appartenance identitaire aux territoires de résidence. De facto, il incombe aux personnes en charge du dossier de pousser vers cette voie. De ce point de vue, ce n'est pas (encore) gagné. Intérêts ne riment pas toujours avec valeurs…
La générosité de M6
Le Dahir officialisant la création du Conseil de la Communauté Marocaine résidant à l’Etranger a été rendu public mais avec un «oubli» de taille. Il ne s'agit pas du «retrait» du terme Supérieur (pourtant spécifié lors du premier discours royal), il concerne plutôt les statuts du président du Conseil et de son secrétaire général. En effet, en conformité avec les normes administratives en vigueur au Maroc, Driss El Yazami, bénéficiera du rang de ministre (avec tous les avantages) et Abdellah Boussouf, celui de secrétaire d’Etat. Un «oubli» qui mérite réparation.
A noter, au passage, la générosité du Roi Mohammed VI pour ses…serviteurs et fidèles.

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