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Politique Publié

Quand un «centre» des Emirats promeut la rumeur d’un coup d’Etat au Maroc

Les Emirats arabes unis sont passés à un niveau supérieur dans leurs attaques contre le Maroc. Ils agitent même le spectre d’un coup d’Etat au royaume.

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Les Emirats arabes unis ont lancé sur les réseaux sociaux une nouvelle campagne contre le Maroc. «Le Maroc est-il victime d'un coup d'Etat ?», s’interroge ce jeudi et à deux reprises le «Centre des Emirats pour les études et l’information» sur sa page Facebook.

On apprend que sous couverture de «centre»,  se cache en effet une plateforme de propagande, basée à l'Est de la Libye, au service de la politique d’Abou Dhabi dans toute la région maghrébine. L'officine n’est d’ailleurs pas à son premier coup d’essai contre le royaume. Fin mai, elle a choisi aussi la forme interrogative pour aborder un sujet qui concerne le Maroc : «Le Maroc connait-il un hirak national contre le pouvoir des 'khwanjia' ?» (les islamistes). Et de s’empresser de préciser qu'ils «soutiennent les libres dans le monde». «La stabilité du royaume commence par la destitution du parti de la Justice et du développement», ajoute le centre pro-emirati.

Un mois auparavant, les Emirats avaient ordonné à leur armée de «mouches électroniques» de s’attaquer à la gestion de la pandémie du coronavirus par le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani. Une cible facile pour éviter de s’en prendre directement au Palais royal.

Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg

Ces provocations animent les réseaux sociaux. En témoigne le nombre de réponses d’internautes à l’interrogation de ce jeudi du Centre des Emirats pour les études et l’information. Les commentaires attestent en effet du niveau de tension entre les anciens alliés, Rabat et Abou Dhabi.

Mais loin des médias, de Twitter et de Facebook, les Emirats manœuvrent pour éloigner le royaume de ces alliés traditionnels en Afrique. Après la Mauritanie, à laquelle ils ont accordé 2 milliards de dollars de dons lors de la visite du président El Ghazouani en février, le pays de Mohamed Ben Zayed a mis le cap sur le Sénégal avec en ligne de mire les confréries religieuses, traditionnellement très proches du Maroc. En Tunisie, Abou Dhabi a réussi à se constituer des relais dans certains médias. Preuve en est la caméra cachée diffusée pendant le ramadan par la chaîne Hannibal sur la famille royale marocaine.

Outre le retrait du Maroc de la guerre au Yémen et sa neutralité dans le blocus imposé au Qatar depuis juin 2017 par Riyad, Abou Dhabi, Manama et Le Caire, les Emirats redoutent un rapprochement entre le royaume et la Turquie, leur ennemi juré, alors que des informations faisait état d’une possible réunion entre le roi Mohammed VI et le président Erdogan. Un sujet de préoccupation également au Caire et à Alger.

Mais qu’est ce qui motivent toutes ces attaques des Emirats contre le Maroc ? «Dans ses ambitions expansionnistes dans la région du Golfe, en Libye et ailleurs, Abou Dhabi avait accordé à Rabat le rôle de bras armée qui répriment ses opposants. Mais le royaume a choisi d’avoir une politique d’abord au service de ses propres intérêts et non des autres. De fait, ces provocations sur les réseaux sociaux devraient se poursuivre», explique une source sécuritaire.

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