Menu

Article

Libye : La Turquie et le Qatar couvrent d’éloges l’accord de Skhirat

Les revers militaires subis par les forces de Khalifa Haftar ont permis un retour de l’accord de Skhirat sur la scène libyenne. Un cadeau pour le Maroc de la part de la Turquie et du Qatar.

Publié
Serraj et Erdogan / Ph. AA
Temps de lecture: 2'

Le Qatar et la Turquie ne tarissent pas d’éloges sur l’accord politique libyen signé au Maroc en décembre 2015, qu’ils qualifient de base pour une solution à la crise libyenne. Jeudi 18 juin, le représentant de Doha au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU a exprimé le soutien de son pays au «gouvernement d’union nationale et aux conclusions de l’accord de Skhirat», comme le rapporte l’agence Qana sur son compte Twitter.

Hier, c’est au tour du porte-parole de la présidence turque d’abonder dans le même sens. Ibrahim Kalin a invité toutes les factions à retourner aux positions militaires «qu’elles occupaient en 2015 lorsque l'accord de Skhirat a été signé au Maroc, ce qui signifie que les forces de Haftar doivent se retirer de Syrte et Jafra».

Doha et Ankara sont les principaux soutiens financiers et militaires du gouvernement d’union nationale (GNA) dirigé par Fayez Al Serraj, que le Maroc reconnait officiellement au même titre que les Nations unies. L’Union internationale des oulémas musulmans (sunnites proches du Qatar et des Frères musulmans), que préside le Marocain Ahmed Raissouni, a également appelé à saluer toutes médiations du royaume dans le conflit.

«Le Maroc peut jouer un rôle politique déterminant, car c’est lui qui a accueilli les négociations de Skhirat et c’est une partie neutre qui jouit de la confiance de toutes les parties libyennes», a affirmé Ali Sellabi, membre du secrétariat général de l’Union au média qatari Arabi21.

Le Maroc, le Qatar et la Turquie rejettent l’initiative égyptienne

Ces fleurs jetées en direction du royaume interviennent dans un contexte de réchauffement des relations entre le Maroc et la Turquie, après plusieurs mois de tensions à propos de l’accord de libre échange de 2006. Un sujet qui, étrangement, a disparu de la scène politico-médiatique marocaine. Un sommet entre Mohammed VI et Erdogan était même prévu mais l’opération chirurgicale du roi aurait repoussé à une date ultérieure, a laissé entendre Ali Sellabi, proche du gouvernement de Tripoli.

Si la Turquie et le Qatar tiennent tant à l’accord de Skhirat c’est pour servir d'alternative à l’initiative de paix lancée, le 6 juin, par le président Abdelfattah Al Sissi. Le Maroc a également exprimé, indirectement, son rejet de la proposition égyptienne. Pour mémoire,  Nasser Bourita a réaffirmé le dimanche 7 juin lors d’une conversation téléphonique avec son homologue du gouvernement d’union nationale libyen, Mohamed Taha Siala, que «l'accord politique signé dans la ville marocaine de Skhirat est la principale référence pour toute solution politique en Libye».

La succession de revers militaires subis par les troupes de Khalifa Haftar, a donc permis le retour de l’accord de Skhirat sur l’échiquier libyen. La Turquie, désormais principal acteur sur ce dossier avec la bénédiction des Etats-Unis, encense le processus de négociations initié au royaume. Une bonne nouvelle pour Rabat qui se replacerait ainsi au centre des enjeux régionaux. L’Algérie de son côté s’accroche à son principe d’ «équidistance entre les frères libyens» et ne reconnait pas le gouvernement d’union nationale issu de l’accord de Skhirat.

Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com