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Opération : Il faut sauver le soldat Ramid

Après une première tentative d'éteindre l'incendie de l'affaire Ramid/Bichr, via la famille de la défunte, c'est désormais l'avocat qui gère son cabinet depuis 2012 qui tente d'exonérer maladroitement le ministre d'Etat.

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Mustapha Ramid, ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme / DR
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La personne qui gère le cabinet d’avocat de Mustapha Ramid volent au secours de son employeur. Me. Abdelgahni Idrissi, également neveu du ministre d’Etat, reconnait dans une mise au point que feue Mme Jamila Bichr n’était pas déclarée à la Caisse nationale de sécurité sociale.

Est-ce que l’actuel ministre d’Etat chargé des Droits de l’Homme et des Relations avec le Parlement en assume la responsabilité ? Non, répond-il. Et de rappeler que Ramid a pris ses distances avec son bureau depuis 2012, date de son entrée au gouvernement Benkirane I.

Et qu’en est-il avant 2012 ? «Me. Mustapha Ramid était beaucoup plus préoccupé par ses responsabilités politiques et parlementaires que par les affaires du bureau et de la profession. Il ne s’y rendait, d’ailleurs, que deux à trois fois par semaine», explique-t-il.

Dans un élan ingénu, Me. Idrissi jure n'avoir découvert que Mme Bichr n’était pas inscrite à la CNSS que l’année dernière. «C’était une grande surprise pour nous et particulièrement pour Me. Ramid qui a ordonné aussitôt de l’inscrire à la CNSS et ce depuis son recrutement et de prendre en charge tous les frais y compris les pénalités obligatoires», explique-t-il.

Mais le plus étrange reste la suite du récit : «la défunte a décliné l’offre et refusé de nous donner une copie de sa carte d’identité nationale» pour remplir les formalités de sa déclaration à la CNSS. «Ce qui a poussé le bureau de mettre, le 23 décembre 2019, à sa disposition 230 000 dirhams. Elle a conservé cette somme et ne l’a versée sur son compte bancaire que le 13 février 2020», poursuit la même source.

Panique dans le clan Ramid

Une version cousue de fil de blanc, destinée essentiellement à sauver le soldat Ramid et d’en faire une victime collatérale d'une simple erreur administrative. La manœuvre tente ainsi d’exonérer le ministre des Droits de l'Homme, ex ministre de la Justice, de toute responsabilité devant l’opinion publique. Or la somme de 230 000 dirhams encaissée par Mme Bichr le 13 février dernier, selon la version de Me Idrissi, n'exonère en rien Me Ramid de ses obligations légales vis à vis de la CNSS et de l'administration fiscale. 

Cette sortie maladroite du neveu de Ramid, signe l'échec de la première tentative d'éteindre l'incendie via la famille de la défunte. Une sortie médiatique qui, pour mémoire, tentait de défendre la probité du ministre. Elle a cependant jeté davantage de trouble puisqu'elle n'apportait aucune réponse claire à la question de la déclaration ou non de feue Jamila Bichr à la CNSS.

Depuis, l'affaire fait la une des journaux au point que le PJD s'est vu contraint d'actionner les leviers internes pour ne pas prêter le flanc à la critique. Ainsi, la commission de l’intégrité et de transparence au PJD prévoit d'auditionner Mustapha Ramid pour entendre sa version sur l'affaire.

Si pour l'instant, aucune mesure d'enquête n'a été annoncée par la CNSS, la sanction pourrait être politique. Pour mémoire, les photos de l’escapade amoureuse de Mustapha Yatim, alors ministre de l’Emploi, et les révélations sur le projet de mariage de Habib Choubani et Mme Soumaia Benkhaldoun avaient précipité leurs départs des gouvernements El Othmani et Benkirane.

Un communiqué légalisé du père de la défunte pour blanchir Ramid

Le père de la défunte a publié ce samedi 20 juin un communiqué portant sa signature et légalisé auprès des autorités pour lui donner un caractère officiel.

Hassan Bichr témoigne que l’actuel ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme et des Relations avec le Parlement a confié à sa secrétaire le soin de remplir les formalités administratives de son inscription à la Caisse nationale de sécurité sociale «mais elle n’a pas souhaité le faire».

Une demande réitérée «récemment» mais toujours déclinée par sa fille, selon les dires du père. «Elle a même refusé de donner à son bureau ses photos et sa carte d’identité nationale», précise-t-il rejoignant ainsi la version donnée par Me. Idrissi, le neveu de Ramid.

Hassan Bichr évoque également le chèque de 230 000 dirhams que le ministre a donné à sa fille, en révélant également que les frais d'hospitalisation (67 000 dirhams) ont été pris en charge par Ramid.

Son témoignage vise à blanchir Mustapha Ramid de «toute responsabilité dans la non-déclaration» de sa fille à la CNSS. «En mon nom et au nom de ma famille nous le remercions pour sa bienveillance à l’égard de notre fille avant et pendant sa maladie. Et nous rejetons catégoriquement et condamnons toutes les accusations portées à son encontre à ce sujet», conclut-il sa déclaration écrite en guise d'absolution des erreurs passées de Mustapha Ramid.

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