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Podemos pour l’octroi de la nationalité espagnole aux Sahraouis nés sous l’occupation

Rompant avec sa position observée depuis son arrivée au gouvernement, Podemos a plaidé lundi pour l’octroi de la nationalité espagnole aux Sahraouis nés sous l’occupation.

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Pablo Iglesias, secrétaire général du parti Podemos . / DR
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Après avoir marqué ses distances avec le Polisario, dans l’affaire du tweet de la ministre espagnole des Affaires étrangères du 25 mai pour célébrer la Journée de l’Afrique, le parti espagnol d'extrême gauche Podemos semble céder aux pressions du mouvement séparatiste et renouer avec son soutien historique.

Lundi, dans un communiqué publié sur son site, la formation politique de Pablo Iglesias a appelé l’Espagne à «se conformer aux obligations légales et historiques envers le Sahara occidental», deux semaines après l’arrêt 207/2020 du 29 mai de la plénière de la première chambre civile de la Cour suprême en Espagne. Cette décision a établi que le Sahara occidental ne peut être considéré comme faisant partie de l'Espagne pour que la population du territoire prévale du titre de nationalité d'origine, comme les Espagnols de souche.

«Nous nous souvenons que les Nations unies considèrent le Sahara occidental comme un territoire non autonome en attente de décolonisation depuis 1963, et qu'en 1975 la Cour internationale de Justice de La Haye a jugé que ni le Maroc ni la Mauritanie n'avaient de souveraineté sur leur territoire», rappelle le parti membre de la coalition gouvernementale. Cette introduction «historique» est alors suivie d’un plaidoyer ; celui d’accorder la nationalité espagnole aux Sahraouis nés sous l’occupation. La formation estime que «l'Espagne peut ouvrir des procédures extraordinaires pour accorder la nationalité aux descendants de l'ancienne colonie». Et de comparer ces Sahraouis aux descendants des juifs séfarades, expulsés lors de la Reconquista et ayant bénéficié de la nationalité espagnole.

«Notre pays devrait accorder l'accès à la nationalité espagnole aux Sahraouis dans les mêmes conditions qu'il le fait avec les autres ex-colonies, c'est-à-dire deux ans de résidence et non dix. Cela a été exigé par le Congrès des députés dans une proposition de non-droit approuvée à l'unanimité par la Commission Justice le 15 septembre 2016», poursuit-on.

Podemos renoue avec ses positions pro-Polisario

Podemos rappelle aussi son soutien à «l'autodétermination du peuple sahraoui». «Nous demandons de promouvoir l'établissement de relations diplomatiques de haut niveau avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et la prolongation du mandat de la mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), afin qu'elle acquière des pouvoirs dans la protection et la promotion des droits civils, aspects politiques, économiques, sociaux et culturels de la population sahraouie», plaide le parti.

Celui-ci appelle également à «l'augmentation de l'aide humanitaire dans les camps de réfugiés de Tindouf (Algérie)» par les institutions européennes et en Espagne et exige «une intervention urgente face à la grave situation des prisonniers sahraouis incarcérés au Maroc pour leur éviter d'être infectés par la Covid-19».  

Cette sortie médiatique rompt avec la position adoptée par le parti, depuis la nomination de son numéro 1 en tant que deuxième vice-président de l’exécutif espagnol. Début mai, les camarades de Pablo Iglesias avaient même reçu des instructions pour ne pas s’immiscer dans la polémique née suite au tweet de la cheffe de la diplomatie espagnole. En félicitant l’Afrique pour sa journée mondiale, Arancha Gonzalez avait publié une carte avec les drapeaux de tous les membres de l’Union africaine, sauf celui de la «RASD». Ce que la direction de Podemos avait considéré comme «sujet politique qui relève des compétences du gouvernement».

Depuis janvier 2020 et à plusieurs reprises, Pablo Iglesias avait évité d’agacer ses alliés du gouvernement de Pedro Sánchez, ce qui a considérablement irrité le Polisario. Mais ce dernier semble avoir finalement eu gain de cause dans les rangs de Podemos.

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