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Santé Publié

Hydroxychloroquine  : L’OMS reprend les essais anti-coronavirus et met en doute l’étude par The Lancet

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Photo d'illustration / Ph. SIPA

Publiée le 22 mai par The Lancet, une étude a suggéré un effet neutre voire néfaste de l’hydroxychloroquine, si elle est administrée à des patients atteints du nouveau coronavirus. Après avoir décidé de suspendre les essais sur la base de ces conclusions, l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) a changé d’avis, ce mercredi. Pour cause, la revue médicale a elle-même pris ses distances, mardi soir, en émettant un avertissement formel où elle fait part de «préoccupations» au sujet de cette étude, rapporte Europe1.

En effet, The Lancet relève «de sérieuses questions scientifiques portées à [son] attention» après la publication de l’étude, qui «fait actuellement l’objet d’un audit», renforçant ainsi les doutes sur la pertinence des résultats. Coordonnées par Mandeep Mehra, professeur de cardiologie à Harvard, et Sapan Desai, de la Société d’analyse de données de santé Surgisphere, l’analyse publiée en mai a indiqué que le traitement à base de chloroquine pouvait même augmenter le taux de mortalité chez les malades covid-19.

Pour sa part, le revirement de l’OMS s’est exprimé près une analyse de «données disponibles sur la mortalité», indiquant qu’«il n’y a pas de raison pour modifier le protocole» des essais cliniques, selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’institution onusienne. Lors de sa publication, cette étude a créé la polémique parmi les scientifiques, le professeur Didier Raoult la jugeant même «foireuse».

Publiée le 28 mai, une lettre signée par près de 120 médecins et scientifiques à travers le monde a par ailleurs indiqué que l’étude soulevait «à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l’intégrité des données». Il s’agit notamment de «l’incohérence dans les doses administrées dans certains pays jusqu’à des questions éthiques sur la collecte des informations sur les patients, en passant par le refus des auteurs de donner accès aux données brutes», indique La Croix.

Alors que le Maroc a rapidement adopté un protocole de prise en charge médicale des patients atteints de covid-19, basé sur la chloroquine, le ministre de la Santé a défendu l’efficacité de ce traitement. Jeudi dernier devant la Commission des Secteurs sociaux à la Chambre des représentants, Khalid Ait Taleb a révélé que la molécule a fait ses preuves, selon des études internationales : «une coréenne, une française qui a disparu, une à Strasbourg actuellement en stand-by et la dernière est signée par le professeur Didier Raoult».

De leur côté, les auteurs de l’étude décriée n’ont pas apporté de modifications à leurs résultats, en dehors d’une rectification au niveau du classement des patients australiens observés pendant l’expérience.

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