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Politique Publié

Le Parlement européen, terrain de bataille entre Maroc, Algérie et Polisario

En ces temps de pandémie de Coronavirus et alors que l’activité tourne au ralenti au Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU ainsi qu’à l’Union africaine, le Parlement européen est devenu le principal terrain de confrontation entre le Maroc, l'Algérie et le Polisario.

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Parlement européen / DR

Ces derniers mois, il ne se passe pas une semaine sans que les relais du Maroc et du Polisario au Parlement européen n’adressent des questions écrites à la Commission européenne ou saisissent les travaux de commissions au PE pour évoquer des sujets embarrassants pour l’adversaire.

La pandémie de Covid-19 a servi de nouveau prétexte pour de nouvelles batailles politiques. Le 24 avril, l’eurodéputée belge Frédérique Ries rédigait une question écrite  portant sur la situation sanitaire dans les camps de Tindouf, affirmant que «la responsabilité en ce qui concerne la protection des populations sahraouies dans ce contexte de crise sanitaire incombe à l’Algérie qui accueille cette population sur son sol».

Les relais du Polisario n’ont pas tardé à riposter. D’abord le 2 mai par la voix de la parlementaire Sandra Pereira. La Portugaise a interpellé la Commission européenne sur «les mesures à prendre pour arrêter les violations marocaines continues au Sahara occidental, en particulier durant la pandémie de Covid-19 ainsi que sur la situation des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons marocaines». La même préoccupation a été évoquée, le 12 mai, par des eurodéputés à l’occasion de la réunion de la sous-commission des droits de l’Homme au Parlement européen.

Les droits de l'Homme, talon d'Achille

Sur le front des sujets traditionnels, aucune trêve n’a été observée par les belligérants. Le 27 avril, l’eurodéputée Sandra Briar a soulevé, dans une question écrite destinée au Haut représentant de l'Union européenne pour les Affaires politiques et étrangères, Josep Borrell,  l’expulsion par les autorités marocaines de ressortissants étrangers souhaitant se rendre dans les villes de la province. Dans sa question écrite, elle a affirmé que «le royaume violait les accords internationaux relatifs aux droits de l'Homme et les clauses obligatoires dans ses accords avec l'UE».

Les pro-marocains se devaient de répliquer. Le 18 mai la MAP reprend, au grand dam de sa consœur algérienne APS, une missive rédigée par un groupe d’eurodéputés à l’intention de l’Espagnol Borrell. Ces derniers réclament «une intervention urgente de l’Union européenne pour mettre un terme à la répression exercée par les autorités algériennes à l’encontre des militants des droits de l’Homme».

Une fois la colère de l’agence algérienne de presse passée, est venu le temps de la riposte. Hier, la Polonaise Janina Ochojska, a voulu savoir dans une autre question écrite adressée à la Commission européenne, si les accords de pêche et agricole conclus entre le Maroc et l’UE bénéficient réellement à la population du Sahara. Un sujet qui est devenu un marronier chez une partie des députés européens. 

Dans cette bataille, le royaume est privé du soutien d'un groupe d’amitié parlementaire au PE Maroc-UE, alors que le Polisario a déjà constitué le sien en février.

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