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Politique Publié

Funérailles de Hassan II : Quand Bill Clinton encourageait le Maroc à accepter une «solution politique négociée» au Sahara

Les funérailles du roi Hassan II a permis à Bill Clinton d’échanger avec des chefs d’Etats présents à l’événement. Une occasion que l’ancien président a saisi pour encourager Mohammed VI d'accepter une «solution négociée» au différend territorial.

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Mohammed VI lors des funérailles du roi Hassan II / DR

La librairie digitale Bill Clinton a déclassé partiellement un document portant sur le briefing, rédigé par le conseiller à la sécurité Samuel Berger, sur le déplacement de Bill Clinton au Maroc, en juillet 1999, pour assister aux funérailles du roi Hassan II. Sur l’agenda de l’ancien président figure une réunion avec le roi Mohammed VI et le Premier ministre de l'époque Abderrahmane Youssoufi.

Le texte commence par établir un résumé des années de règne de Hassan II, avec un zoom sur la préparation de la transition politique annoncée par la nomination en 1998 d’un chef du gouvernement issu des rangs de l’opposition. Il rappelle également la position du roi sur la guerre du Golfe en 1991 ou encore son engagement dans le processus de négociations entre Egyptiens et Israéliens ayant conduit à la signature des accords de Camp David le 17 septembre 1978. Néanmoins c’est sur la question du Sahara occidental que le document accorde une attention particulière.

Le briefing rappelle notamment que le Maroc avait accepté, dans un premier temps, l'organisation d'un referendum sur l’avenir de la province. Une annonce, d'ailleurs, solennellement faite par le roi Hassan II lors du sommet de l’Organisation de l’unité africaine de Monrovia en 1981. «Mais depuis, le royaume traine le pied», note Samuel Berger.

Une solution politique négociée

Pour sortir de l’impasse, le conseil à la sécurité croit déceler des signes encourageants. En effet son compatriote James Baker, nommé envoyé personnel su secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental en mars 1997, a réussi à convaincre le Maroc et le Polisario de reprendre en septembre de la même année le chemin des négociations indirectes à Houston. Les deux partis conviennent alors d’un accord devant débloquer l’opération d’identification des Sahraouis éligibles à prendre part au referendum.

Berger ajoute également l’arrivé au pouvoir en Algérie d’Abdelaziz Bouteflika, le 27 avril 1999. Depuis, il a échangé plusieurs lettres avec Hassan II et a accepté de le rencontrer, indique le haut fonctionnaire à la Maison blanche. Ainsi, le conseiller à la sécurité a proposé à Bill Clinton, lors de sa réunion avec le président algérien prévue en marge des funérailles, de saluer les initiatives prises par le président algérien, notamment l’amnistie générale, et l’encourager à se rapprocher davantage de Rabat.

La question du Sahara occidental était également présente lors de l’audience que le roi Mohammed VI avait accordée à Bill Clinton. Samuel Berger a suggéré à son président d’exprimer au nouveau monarque le soutien des Etats-Unis à «une solution politique négociée» au différend territorial. Mais finalement les espoirs de Samuel Berger ne se sont pas réalisés. L’ONU a suspendu l’opération d’identification des Sahraouis éligibles à participer au referendum, et en juin 2004, James Baker présente sa démission.

Quelques mois après le départ de Baker, l’ancien ministre des Affaires étrangères commençait à parler de «la nécessité de sortir de l’impasse». Fort de l’appui de l’administration Bush, le Maroc a présenté officiellement en 2007 son plan d’autonomie pour le règlement du conflit, qualifié depuis de «crédible et réaliste» par toutes les résolutions du Conseil de sécurité.

Une offre suivie par la tenue des premières négociations, du moins officiellement, entre le Maroc et le Polisario en juin 2007 à Manhasset.

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