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Politique Publié

Coronavirus : En l'absence d’aide financière des pays du Golfe, le Maroc devra compter sur lui-même

La visite effectuée en Arabie saoudite, en février, par Fouad Ali El Himma et Nasser Bourita avait suscité l'espoir d'une reprise des relations du Maroc avec l’ensemble des pays du CCG. A l'opposé de la crise financière de 2008 et les révoltes du Printemps arabe, la crise sanitaire due au Covid-19 force le Maroc a ne compter que sur ces propres ressources.

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Le roi Mohammed VI invité à un sommet du CCG / Archive - DR

La pandémie du Coronavirus a servi de cruel révélateur du niveau des relations entre le Maroc et ses «frères» du Conseil de Coopération des Etats du Golfe. Depuis la création du Fonds spécial pour la gestion des effets négatifs du Covid-19 sur l’économie, le 15 mars dernier par le roi Mohammed VI, force est de constater que les contributions sont majoritairement marocaines, à l’exception des Etats-Unis (660 000 dollars) et de l'Union Européenne (150 millions euros).

Les traditionnels soutiens financiers que sont l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Koweït et le Qatar, n’ont en revanche consenti aucune contribution en ces circonstances difficiles, alors même que les réserves en devises du royaume sont au plus bas. Plus qu'un retard à l'allumage, cet abandon des alliés traditionnels, acte la longue dégradation des relations du Maroc avec les monarchies du Golfe. 

Cet abandon a surtour contraint le Maroc a demander au Fonds Monétaire International l’activation pour la première fois de la Ligne de Précaution et de Liquidité. Une LPI de presque 3 milliards de dollars qui avait été approuvée par le conseil d’administration du FMI le 17 décembre 2018. D’une durée de deux ans, elle expire le 16 décembre 2020.

Cette annonce a été faite le mercredi 8 avril dans un communiqué de Bank Al-Maghrib diffusé le même jour de la publication au Bulletin officiel du décret-loi 2.20.230 autorisant le gouvernement El Othmani à dépasser le plafond des emprunts étrangers pour l’exercice budgétaire de 2020. C'est dire que l'heure est grave pour les ressources financières en devises du Maroc.

Générosité conjuguée au passé

Ce lâchage financier des pétromonarchies contraste pourtant avec le soutien traditionnellement témoigné à chaque secousse économique traversée par Rabat. Ainsi, en 2008, en pleine flambée des prix du pétrole, l’Arabie saoudite du roi Abdellah avait offert au Maroc 500 millions de dollars. Les Emirats arabes unis ont immédiatement réagi à la générosité du souverain wahhabite en annonçant un don de 300 M$. Mieux encore, après la vague du Printemps arabe, les pays du Conseil de Coopération du Golfe ont octroyé 5 milliards de dollars pour le royaume au titre de la période 2013-2018.

A ces chiffres, s’ajoute notamment les 100 millions de dollars du prince héritier des Emirats, Mohamed Ben Zayed, accordés en novembre 2013, au profit de projets sociaux utilisant les énergies renouvelables dans les régions enclavées. En janvier 2017, soit quelques mois avant le blocus du Qatar, l’homme fort à Abou Dhabi offrait un chèque de 10 millions de dollars pour la Fondation Mohammed VI pour la solidarité.

La chute des cours mondiaux du baril de pétrole ne devrait pas aider à changer cette nouvelle donne. Dos au mur, le Maroc ne pourra compter que sur ses propres ressources en cette crise sanitaire, économique et financière inédite. 

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