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Religion Publié

Sous le regard de Madrid, Marocains et Syriens se disputent la présidence de la CIE

En Espagne, des responsables religieux d’origines marocaine et syrienne mobilisent leurs relais au sein des pouvoirs publics pour convoiter le poste de président de la Commission Islamique d’Espagne. Les plus hautes autorités à Madrid devraient arbitrer ce duel entre musulmans.

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Prière lors du dernier vendredi du Ramadan, à Lleida en Espagne. / Ph. Manu Fernandez - Associated Press

Le président de la Commission islamique d’Espagne (CIE) n’est plus. Riya Tatari, un médecin de 72 ans d’origine syrienne, est décédé ce lundi du nouveau coronavirus.

Sa disparition relance la course pour la présidence de l’organisation entre d'un côté les Marocains, réunis au sein de la FEERI (Fédération des entités étatiques religieuses islamiques), présidée par Mounir Benjelloun, proche d’Al Adl wal Ihsane, et un autre camp, celui des pro-Tatari appartenant à l'Union des communautés islamiques d'Espagne (UCIDE).

La «guerre», ayant suivi la réforme du champ religieux, élaborée en 2015 par le gouvernement Mariano Rajoy, entre les deux instances est appelée à connaitre l’ouverture d’un nouveau front. Une loi qui, pour mémoire, avait mis au grand dam de Benjelloun, un terme à des années de coprésidence de la CIE entre l’UCIDE et la FEERI. Cet ordre prévalait depuis la création de la CIE en 1992. L’Espagne était, d’ailleurs, l’un des premiers pays européens à entreprendre une structuration des musulmans installés sur son territoire.

«Guerre» entre Marocains et Syriens sous le regard de l'Espagne

«Il y a une course déclarée entre des musulmans de Madrid et de Barcelone pour succéder à Tatari. Les premiers souhaitent que le prochain président soit un Marocain, probablement un proche d'Al Adl wal Ihsane, alors que les autres exigent que la présidence de la Commission n’échappe pas aux Syriens», nous confie une source proche du dossier. 

Ainsi, «Youssef Fernandez, un Espagnol qui est à la fois le secrétaire général de la CIE et son porte-parole, est sur la liste des prétendants. Néanmoins, de par sa fonction de véritable intermédiaire entre les plus hautes autorités du pays et ses différents services de contrôle de la chose religieuse et la Commission islamique d’Espagne, il pourrait être écarté de la course», affirme-t-elle.

Et d’ajouter que «les chances de Mounir Benjelloun pour succéder à Riya Tatari sont minimes, ses relations avec les pouvoirs en Espagne étant plutôt froides». «La lune de miel ayant précédé et suivi son élection, en juin 2012, à la tête de la FEERI est presque révolue», conclut notre source. 

En mars 2017, dans une lettre adressée au roi Felipe VI, le Marocain n’avait d’ailleurs pas hésité à remettre en question la représentativité de la CIE de presque deux millions de musulmans vivant dans ce pays. Il s’était même fait l’avocat de la création d’un parti islamiste au voisin ibérique.

La nomination d’un successeur au défunt Riya Tatari devrait être annoncée dans les prochains jours.

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