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Environnement Publié

Avec un abandon en hausse, l'alarmante situation des animaux errants dans un Maroc confiné

Les associatifs alertent sur la hausse d’abandon des animaux domestiques, accusés à tort de «pouvoir transmettre le Covid-19», ainsi qu’une pénurie d’alimentation. Ils appellent aussi à adopter des petits gestes pour les animaux errants, privés de nourriture et d’eau à cause du confinement.

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Photo d'illustration. / DR

Alors que le confinement change drastiquement les habitudes des Marocains, obligés de rester chez eux pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, la situation des animaux, notamment ceux de la rue, n’est pas meilleure. Des associatifs et des militants pour la défense des animaux ont ainsi multiplié les appels pour mobiliser la population et lutter contre une hausse des abandons des animaux domestiques.

Toutefois, sur le terrain, la situation reste beaucoup plus alarmante. «La situation est très délicate et très difficile», nous confie cette semaine Ahmed Tazi, président de l'association de défense des animaux et de la nature, membre du Réseau associatif de protection animal et de développement durable au Maroc (RAPAD).

Son ONG a déjà offert des autorisations de circulation pour que les bénévoles puissent exceptionnellement se déplacer et donner à manger aux animaux de rue. Mais les choses tournent déjà mal, du côté des fournisseurs de l’alimentation. «Certains ont fermé, alors que d’autres nous donnent des quantités minimes par rapport à ce qu’ils nous donnaient avant. Les donations ont également drastiquement baissé», regrette-t-il.

Pénurie d’alimentations et abandon d’animaux en hausse

De plus dans une situation où les déplacements se limitent aux plus essentiels, certains Marocains continuent d’abandonner leurs animaux domestiques. Les abandons d’animaux de compagnie se sont multipliés par six, principalement des chiens et des chants, au moment où nous témoignons d’une pénurie et d’une catastrophe», explique encore Ahmed Tazi.

«Nous vivons des situations difficiles, car les gens ne comprennent pas que la santé publique concerne l’humain et l’animal. En abandonnant ces animaux, ils peuvent devenir agressifs et développer des symptômes de la rage. En plus, ils peuvent contaminer d’autres animaux. Nous devons penser la chose dans sa globalité.»

Ahmed Tazi

Et d’ajouter que «dans les refuges, la situation est aussi critique». «De plus, dans les zones rurales, c’est un problème d’un autre genre, avec des ânes et des mules qui sont abandonnés dans la rue, sans nourriture», déplore l’associatif, qui rappelle que «les animaux ne transmettent pas le Covid-19, d’après des scientifiques et des articles de chercheurs».

De son côté, Julia Nastase, de l’association «La Tribu des Quat'pattes», alerte sur la situation des animaux de rue, notamment dans les quartiers isolés. «C'est compliqué pour les animaux (chats ou chiens) dans les quartiers un peu isolés où les gens qui les nourrissaient et qui dépendaient de ressources limitées, apportant de la nourriture des restaurants ou sur les marchés (bouchers / vendeurs de poulets), ne peuvent plus le faire», regrette-t-elle.

Et d’expliquer qu’il est «difficile d’aider actuellement ces personnes à apporter de la nourriture à ces chats et chiens car ils ne doivent pas quitter leur quartier».

«Avant cette crise, les animaux errants meurent parce que les humains les maltraitent, les empoisonnent ou les battent. Maintenant je pense que certains mourraient de faim. De nos jours, les gens pensent à eux-mêmes.»

Julia Nastase

Des petits gestes pour les animaux de rue

Afin de mobiliser les Marocains notamment pour les animaux errants, «La Tribu des Quat'pattes» a lancé une collecte d'aliments secs. Des denrées destinées aux personnes ayant l'habitude de nourrir les animaux errants et qui ne peuvent plus le faire à cause du confinement. «Notre association encourage ces personnes et demande aux autres de faire pareil, mais seulement à proximité de leurs maisons et de leurs quartiers, pour respecter l'état d'urgence sanitaire», précise Julia Nastase.

L’association de défense des animaux et de la nature a, de son côté, lancé une campagne d’adoption, notamment pour ceux qui disposent déjà d’animaux de compagnie. Son président, Ahmed Tazi rappelle des «gestes simples» qui peuvent ainsi aider ces animaux errants. «Tout en respectant l’état d’urgence sanitaire, toute personne peut mettre près de la porte de sa maison des croquettes ou des denrées sèches, ainsi qu’un peu d’eau», explique-t-il, rappelant l’importance de «procéder au tri des déchets, car il y a des animaux qui peuvent s’en nourrir».

«Nous sommes aujourd’hui dans un cercle vicieux, mais avec la solidarité des gens, nous pouvons arriver à bien cerner les choses. J’appelle ainsi de tout mon cœur les gens à se solidariser et de prendre soin aussi des animaux», ajoute l’associatif. Et d’affirmer, s’agissant de ceux qui mettent dans la rue leurs animaux, qu’«abandonner son animal de compagnie est un geste égoïste, surtout que ces animaux domestiques, qui grandissent dans des maisons, ne peuvent pas survivre dans la rue».

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