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Au Maroc, ces travailleurs précaires face au coronavirus et au chômage forcé

Destiné à lutter contre la propagation du nouveau coronavirus, l’état d’urgence sanitaire impacte également la vie de plusieurs Marocains. Des travailleurs précaires se sont ainsi retrouvés en chômage forcé et sans revenu, et attendent que l’Etat leur vienne en aide.

Publié
Des femmes dans un atelier de couture. / DR
Temps de lecture: 4'

L’état d’urgence sanitaire, décidé la semaine dernière par les autorités marocaines, ne manque pas d’impacter la vie de plusieurs Marocains. Si le Comité de veille économique (CVE) a déjà annoncé des mesures pour les travailleurs couverts par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) et se retrouvant au chômage, ceux non couverts doivent encore prendre leur mal en patience, en attendant une solution.

Le confinement décidé par les autorités les met en effet dans une situation insoutenable. Sans demande, sans travail ni argent, ils voient, jour après jour, fondre leurs maigres économies. Des coiffeurs, des couturières, des plombiers, des chauffeurs de taxis ou de véhicules de transport de marchandises disent faire être devant l’inconnu.

Mohamed est coiffeur dans le quartier El Oulfa à Casablanca. La semaine dernière, les autorités marocaines ont décidé de fermer le salon où il travaille, avec tous les autres magasins ne vendant pas des produits alimentaires ou ne présentant pas des services de première nécessité.

«J'ai un loyer à payer mensuellement et je n’ai pas été payé pour ce mois», regrette-t-il. «A la base, nous n’avons pas beaucoup de revenus et ce que nous gagnons, nous le divisons entre nous», précise-t-il.

«Pour ce mois-ci, je n’ai donc pas d'argent. Je ne suis pas non plus couvert par la sécurité sociale. Mais je suis un vieil homme, j'ai l'habitude des épreuves et il ne me reste plus beaucoup de temps sur terre.»

Mohamed, coiffeur

Des travailleurs entre le marteau et l’enclume

La situation de Lahcen, un plombier habitant dans la périphérie de Casablanca, vers Dar Bouazza, n’est pas meilleure. «J’ai arrêté de travailler il y a un moment car il n’y a plus d’offre», confie-t-il. «C’est bien aussi pour protéger ma famille», se rattrape-t-il. Mais il ne tarde pas de rappeler qu'au niveau financier, il ne tiendra pas longtemps si personne ne fait appel ses services.

«Les clients ont généralement peur de nous, ce qui nous empêche de travailler. Et vu que je ne suis pas employé d'une entreprise et que je n’ai pas de sécurité sociale, c’est en travaillant que je gagne de l’argent», ajoute-t-il.

«Pour aller travailler, j'ai besoin d'une attestation pour me déplacer. Or, je n’ai même pas encore eu ce papier pour acheter de la nourriture pour mes enfants. Et je dois réfléchir deux fois avant d’acheter car mes ressources sont très limitées.»

Lahcen, plombier

Ce quadragénaire dit aussi habiter dans une zone sans accès à l’eau potable, ce qui complique sa situation hygiénique dans ces circonstances.

Travaillant au sein d’un atelier de couture à Taza, Mouna explique pour sa part que son chômage depuis quelques jours a été dicté par la situation générale. «La propriétaire de l’atelier a décidé de fermer mercredi dernier», déclare-t-elle. «Nous avons même reçu des appels de femmes sur le point de se marier qui nous ont annoncé l’annulation des fêtes et le report des commandes», ajoute-t-elle.

Mouna n’a pas, non plus, pu continuer de travailler sur l’une de ses commandes, car les fournisseurs ont également mis la clé sous la porte provisoirement.  

«Je n'ai pas de revenus quotidiens, comme c'était le cas auparavant, et je ne sais pas ce que je vais faire. J'avais l'habitude d'aider ma famille pour les besoins de la maison et du loyer. Maintenant je ne peux plus.»

Mouna, couturière

Cependant, la décision de fermer l’atelier était «nécessaire et contraignante» pour la propriétaire du magasin. «C'est une décision qui échappe à notre contrôle à tous. Je ne reçois plus aucune demande des clients, donc je ne peux garantir de revenu, ni pour payer les salaires des travailleurs, ni pour les frais de location de l’atelier», regrette la propriétaire de l’atelier où travaille Mouna.

Elle déclare aussi qu’elle compte sur des anciennes commandes, dans l’espoir d’être payée à la fin de l’état d’urgence.

Le transport de marchandises et de personnes n’est pas non plus épargné

«Personnellement, j’ai arrêté de travailler mais je comprends ceux qui continuent de le faire, car ils n’ont pas le choix», nous déclare Mohamed Mouttaki, chauffeur de taxi à Casablanca.

«Il y a des gens qui n’ont pas de quoi manger. De plus, la recette payée pour la location des agréments coûtent chère et ils n’ont pas de moyens pour la payer hebdomadairement ou mensuellement», dénonce-t-il.

«Les gens qui ont des charges et peu de recettes sont ainsi forcés de continuer de travailler. Pensez-vous que les chauffeurs de taxis qui continuent de travailler le font par plaisir ou par choix ?»

Mohamed Mouttaki, chauffeur de taxi à Casablanca

Et d’affirmer que la plupart des chauffeurs de taxis sont au chômage, car «il y a beaucoup moins de gens dans la rue». «En plus de cela, le plafonnement à trois places exigés pour les grands taxis n’est pas suffisant, car ne couvre pas ladite recette et les frais de carburant malheureusement», ajoute-t-il. «On aimerait bien tous rester dans la maison et que personne ne sorte, mais c’est plus fort que nous», conclut-il.

Son collègue Mohamed El Harrak, membre du Syndicat des taxis (affilié à la Confédération démocratique du travail), est catégorique. «J’ai arrêté car l’intérêt général prime. C’est l’état d’urgence et notre pays n’a pas les moyens sanitaires suffisants pour faire face à cette pandémie», explique-t-il.

Quant aux montants de location que les chauffeurs de taxis doivent payer pour les propriétaires d’agrément, il appelle à la solidarité, affirmant que ces propriétaires doivent aussi prendre en considération cette conjoncture difficile. 

«J’exhorte les propriétaires d’agrément à ne pas exiger de paiements de cette recette et de comprendre que les chauffeurs ne travaillent plus et n’ont plus de revenus pour payer. Les gens doivent faire preuve de solidarité entre eux.»

Mohamed El Harrak

De son côté, Abdelaziz, chauffeur d’un véhicule de transport de marchandise qui travaille avec un grand supermarché de Rabat, est au chômage depuis trois jours. «Les gens n’achètent que des denrées alimentaires. Notre activité, qui consiste à transporter des appareils électroménagers, est à l’arrêt», déplore-t-il. «Un collègue est également au chômage. Nous attendrons la prochaine quinzaine pour voir comment la situation évoluera», ajoute-t-il.

Dimanche, les autorités marocaines ont précisé que l'état d'urgence sanitaire pourra durer jusqu'au 20 avril. Plusieurs initiatives visant les familles nécessiteuses ont émergé dès l'appel à un confinement préventif. Des initiatives de solidarité qui peuvent se révéler insuffisantes et nécessitent une intervention de l’Etat pour soutenir ces Marocains dans la précarité. 

Article modifié le 2020/03/23 à 22h05

Bilan Coronavirus dans le monde
99 718 363
Contaminations
2 139 926
Décès
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Contaminations
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Inde
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Brésil
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Russie
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Royaume-uni
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98 723
France
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73 636
Espagne
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56 208
Italie
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85 881
Turquie
2 435 247
25 210
Allemagne
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53 127
Colombie
2 027 746
51 747
Argentine
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47 034
Mexique
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150 273
Pologne
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Afrique du sud
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Belgique
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Portugal
643 113
10 721
Irak
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Israel
613 340
4 498
Suède
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11 005
Pakistan
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11 376
Bangladesh
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366 584
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Hongrie
360 418
12 024
Jordanie
321 298
4 239
Panama
312 158
5 098
Liban
282 249
2 374
Emirats Arabes Unis
281 546
798
Népal
269 789
2 011
Georgie
253 816
3 071
Equateur
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Biélorussie
238 635
1 658
Slovaquie
237 027
4 068
Croatie
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4 859
Azerbaidjan
229 032
3 093
Kazakhstan
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2 961
Bulgarie
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République Dominicaine
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Bolivie
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10 051
Tunisie
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Danemark
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2 011
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2 558
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188 923
2 977
Malaisie
186 849
689
Lituanie
177 166
2 664
Arménie
166 094
3 047
Egypte
162 486
9 012
Koweit
161 777
954
Slovénie
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3 379
Moldavie
156 426
3 368
Gaza
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1 796
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Honduras
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Ethiopie
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Oman
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Paraguay
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Vénézuela
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1 154
Nigeria
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1 507
Bosnie/Herzégovine
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4 593
Libye
114 429
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Algérie
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2 866
Bahreïn
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369
Kenya
100 052
1 744
Chine
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Macédonie
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2 791
Kirghizistan
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1 402
Ouzbekistan
78 429
621
Corée du sud
75 875
1 371
Albanie
72 812
1 324
Ghana
62 135
372
Norvège
61 315
548
Lettonie
61 231
1 114
Singapoure
59 352
29
Sri Lanka
59 167
287
Montenegro
58 697
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Kosovo
58 399
1 466
Afghanistan
54 672
2 385
El Salvador
53 479
1 572
Luxembourg
49 733
566
Zambie
46 146
660
Finlande
42 772
655
Estonie
40 975
383
Ouganda
39 188
318
Uruguay
38 041
390
Mozambique
32 781
363
Namibie
32 650
319
Zimbabwe
31 646
1 075
Chypre
30 143
188
Cameroun
29 617
462
Australie
28 780
909
Cote d'Ivoire
27 096
146
Soudan
26 526
1 738
Sénégal
24 993
582
Congo (Kinshasa)
21 954
661
Cuba
21 828
197
Botswana
20 658
124
Malawi
19 987
518
Angola
19 476
461
Madagascar
18 743
279
Malta
16 861
253
Mauritanie
16 421
417
Maldives
15 102
51
Jamaique
15 012
338
Thailande
14 646
75
Eswatini
14 622
493
Guinée-Bissau
14 375
81
Syrie
13 697
890
Cabo Verde
13 557
127
Rwanda
13 311
177
Tajikistan
13 308
90
Belize
11 770
293
Haiti
11 099
243
Gabon
10 411
67
Burkina Faso
10 103
117
Andorre
9 596
97
Bahamas
8 133
175
Suriname
8 112
149
Lesotho
8 044
134
Mali
7 995
324
Congo (Brazzaville)
7 887
117
Trinité-et-Tobago
7 490
134
Guyane
7 317
172
Nicaragua
6 204
168
Islande
5 990
29
Djibouti
5 920
61
Guinée équatoriale
5 454
86
République Centrafricaine
4 980
63
Somalie
4 754
130
Togo
4 682
76
Niger
4 353
151
Gambia
4 008
128
Sud Soudan
3 788
64
Benin
3 643
48
Tchad
3 182
116
Sierra Leone
3 173
77
Saint-Marin
2 889
65
Guinée-Bissau
2 532
45
Liechtenstein
2 454
52
Comores
2 350
76
Nouvelle-Zélande
2 290
25
Yémen
2 118
615
Erithrée
1 950
7
Liberia
1 927
84
Mongolia
1 656
2
Vietnam
1 549
35
Burundi
1 479
2
Barbade
1 401
10
Monaco
1 368
9
Sao Tome and Principe
1 189
17
Seychelles
1 069
3
Taiwan*
889
7
Sainte-Lucie
886
11
Bhutan
856
1
Papua New Guinea
835
9
Saint Vincent and the Grenadines
746
2
Diamond Princess
712
13
Maurice (Ile)
568
10
Tanzanie
509
21
Cambodge
460
0
Antigue et Barbuda
201
6
Brunei Darussalam
175
3
Grenada
148
1
République Dominicaine
113
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Timor-Leste
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Fidji
55
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Laos
44
0
Saint Kitts and Nevis
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Holy See
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Iles Salomon
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