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Les Panafricaines 2020 : 300 femmes journalistes se mobilisent pour l’environnement

Cette année, Les Panafricaines se saisissent des questions environnementales, devenues urgentes sur le continent. Les travaux de cette édition, lancée officiellement vendredi à Casablanca, serviront de base aux actions quotidiennes de ces femmes journalistes, sur toute l'année.

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Débat d'ouverture de la troisième édition des Panafricaines, le 6 mars 2020 à Casablanca / Ph. Les Panafricaines

Vendredi et samedi, plus de 300 journalistes issues des 54 pays d’Afrique sont réunies à Casablanca, à l’occasion de la troisième édition des Panafricaines. Placée sous le thème «Urgence climatique – les médias africains, acteurs du changement», la rencontre s’articule autour des questions environnementales saillantes du continent.

Ainsi, cette édition s’est ouverte sur un débat avec un panel de spécialistes des questions rattachées à l’environnement en Afrique, afin de donner une vision large des actions menées par les gouvernements ou les associations de différentes régions du continents. Différentes initiatives pour s’adapter aux changements climatiques ont été abordées, notamment à travers l’expérience, l’action et l’engagement du spécialiste sénégalais Arona Diedhiou, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement auprès de l’Université Joseph Fournier de Grenoble.

Directrice exécutive de l’association Nipe Fagio en Tanzanie, la militante brésilienne Ana Lê Moraes Rocha a présenté le modèle proposé par son ONG pour une gestion écologique des déchets. Pour sa part, le chercheur égyptien Saber Fayez Hendawy a exposé l’initiative locale SEKEM, qui prône une agriculture biodynamique dans les zones désertiques. Quant au secrétaire général du département de l’Environnement auprès du ministère marocain de l’Energie, des mines et du développement durable, Mohamed Benyahia est revenu sur le projet Yes Green Maroc, pour l’emploi dans le domaine de l’économie verte, particulièrement dans les zones reculées du pays.

Des ateliers préparant le plaidoyer des journalistes

Cette séance de débat et d’échanges avec les femmes journalistes a donné le ton des travaux tenus à huis clos, dans l’après-midi, sous forme de sept ateliers. En effet, le premier s’est intéressé aux enjeux de la transition énergétique en Afrique , le second a été consacré à la gestion des ressources hydriques sur le continent, tandis que le troisième a porté sur l’agriculture durable comme modèle économique vert africain.

Les changements climatiques étant intimement liés à la santé des personnes, le quatrième atelier a abordé l’impact de ces derniers, tandis que le cinquième a questionné l’urbanisation au temps de la sensibilisation sur le développement durable.

Quant au sixième atelier, il s’est intéressé à la gestion des déchets comme moyen de lutte contre les changements climatiques. Le septième a, pour sa part, mis en avant le rôle des médias dans l’information sur ces changements et la question de l’adaptation face aux mutations que connaît le climat à travers le monde. Ces thématiques étant intimement liées les unes aux autres, leur traitement en ateliers permettra à chaque groupe de journalistes Panafricaines de constituer un plaidoyer sur l’importance du traitement médiatique de ces questions, tout en proposant une feuille de route à cet effet.

Co-fondatrice du Mouvement terre et humanisme au Maroc, aux côtés de l’agro-écologiste français Pierre Rabhi, Fettouma Djerrari Benabdenbi a animé le troisième atelier dans le cadre de ces travaux. Pour elle, celui-ci revêt un caractère transversal, puisque la thématique qu’il traite reste centrale dans le développement de l’Afrique. Et pour cause, la chercheuse souligne auprès de Yabiladi que «25% des terres fertiles à travers le monde se trouvent sur notre continent et représentent une richesse à tous les niveaux : environnement, économique, social et agricole».

«L’agriculture durable nourrit la planète entière et maintient les emplois de plusieurs milliers de famille, tout en garantissant la santé des citoyens et en veillant à la rationalisation des ressources naturelles, mais aussi à l’équilibre de la santé des sols, ce qui est un enjeux de plus en plus important en Afrique.»

Fettouma Djerrari Benabdenbi

Des actions continentales innovantes

Ces aspects revêtant une dimension économique globale et internationale, la militante Ana Lê Morales Rocha évoque auprès de Yabiladi l’importance de repenser les modèles de développement en Afrique à travers les réalités climatiques et naturelles spécifiques au continent.

«Si nous voulons être de véritables acteurs du changement, nous devons être acteurs de nos propres processus innovants et rompre avec la duplication de programmes prêts à être utilisés, mais qui ne s’adaptent pas à nos vécus et qui les contraignent au lieu d’en faire un levier de richesse collective.»

Ana Lê Morales Rocha

Samedi, les plaidoyers des ateliers seront soumis au vote de toutes les Panafricaines. En 2018, la seconde édition de cette rencontre s’est articulée autour de la migration, dans un continent ramené au centre des débats sur cette question.

«Le fait de traiter cette année des changements climatique n’est pas une rupture avec nos actions passées, mais une continuité de nos actions puisque ces changements engendrent une migration climatique importante», a souligné Fathia El Aouni, initiatrice de la plateforme des Panafricaines, présidente de son comité permanent et rédactrice en chef de Radio 2M.

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