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Economie Publié

Maroc : Le gap des infrastructures urbaines et rurales, un défi pour le développement

Nombre de villes marocaines foisonnent de projets d’infrastructure, en termes de développement autant que de financement. Cette réalité selon les villes et les régions contraste dans son ensemble avec la situation dans le monde rural, qui semble avoir payé les frais de la dynamique urbaine.

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Photo d'illustration / DR.

Les zones rurales marocaines manquent considérablement de services de base, dans un pays considéré comme la sixième économie de l’Afrique, avec un PIB par habitant d’un peu plus de 3 000 dollars et un taux d’inflation relativement faible (2,95%). Cette réalité contrastée remet en question les politiques de développement et de financement des infrastructures du pays, selon le Global Infrastructure Hub (GI Hub), organisation à but non lucratif qui s’intéresse à la qualité des investissements structurels privés et publics.

Dans une récente recherche, l’organisme cité par la publication spécialisée World Finance précise en effet que d’ici 2040, le Maroc devrait faire face à un déficit d’investissement dans les infrastructures de 37 milliards de dollars. «Globalement, le secteur se porte bien, mais le déficit le plus important demeure dans les zones rurales», note la publication.

Celle-ci souligne d’ailleurs qu’une véritable dynamique de développement ne peut prendre son chemin si tous les citoyens ne profitent pas équitablement de services de transport, d’éducation et de soins de santé, encore concentré dans les grandes villes.

Rédacteur en chef de North-South Publications et cité par l’étude, Dr Ali Bahaijoub, décrit «des autoroutes reliant toutes les grandes villes, le nouveau port de Tanger-Med, une nouvelle liaison ferroviaire à grande vitesse entre Tanger et Casablanca, ainsi que de nouveaux terminaux d’aéroport à Casablanca, Marrakech, Rabat et Tanger», en plus de «routes à l’intérieur des villes élargies à trois voies des deux côtés».

Néanmoins, Bahaijoub admet que «certaines régions sont mieux développées que d’autres» et que «mettre davantage l’accent sur les zones rurales en créant des écoles et des hôpitaux accessibles à tous devrait être une priorité».

Des villes en évolution effrénée aux dépens des villages

En attendant, les budgets de projets d’infrastructure ont été dirigés en grande partie pour renforcer l’environnement commercial du Maroc, tandis que les zones ne faisant pas partie de cette grande dynamique sont restées mal desservies, ce qui a accentué les contrastes entre les zones rurales et urbaines.

En témoigne la situation d’accès aux servies de base dans les quartiers à forte activité économique à Casablanca, comparé à la qualité de vie en dehors de ce périmètre, selon la revue qui rappelle que 40% de Marocains vivent encore dans les campagnes. Là-bas, ils reçoivent en moyenne 2,2 ans d’éducation formelle, contre 6,1 ans pour les citadins, tandis que les femmes rurales sont plus exposées à l’abandon scolaire et à l’analphabétisme.

Dans ces environnements, la problématique du manque de moyens de transport adéquat va de pair avec les problématiques d’accès à l’éducation ainsi que le développement économique. «Alors que dans les zones urbaines, 100% de la population vit à moins de 5 kilomètres d’un établissement de santé, dans les zones rurales, ce chiffre tombe à seulement 30%», notamment dans les régions isolées et les montagnes.

Pour toutes ces raisons, le GI Hub recommande de concentrer les efforts sur les secteurs d’infrastructure qui ont le plus besoin d’être améliorés, notamment l’éducation et la santé, encore plus dans les campagnes et les villages du pays. L’enjeu est grand, puisque l’atteinte des objectifs de développement durable des Nations unies d’ici 2030 en reste tributaire.

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