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Politique Publié

Armement : Les industriels français veulent leur part du gâteau marocain

Rabat a conclu en 2019 des accords avec les Etats-Unis pour une valeur de 10,3 milliards de dollars, essentiellement destinés à l’armée de l’air. La France ambitionne de reprendre des parts de ce marché. Ses industriels en armement ont déjà signé des contrats pour 400 millions euros qui seront rendus officiels lors du voyage d'Emmanuel Macron au Maroc.

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Emmanuel Macron / Archive - Ph. Reuters

A l'approche de la visite officielle d'Emmanuel Macron au Maroc, le quotidien français La Tribune révèle que les industriels d’armement en France ont conclu plusieurs contrats d’armement avec le royaume. «Le groupe Nexter (public) a récemment signé un contrat de 200 millions d'euros portant sur la vente de systèmes d'artillerie sur camion Caesar (170 millions) et de ses munitions (30 millions). En outre, le missilier MBDA (société européenne) a vendu en 2019 pour 200 millions d'euros de missiles VL-Mica terrestre», précise la même publication.

Les ambitions des Français ne s’arrêtent pas là puisqu'ils lorgnent la construction de deux patrouilleurs pour le compte de la marine marocaine. Sauf que les Espagnols de Navantia sont également engagés dans la course pour ce contrat dont la valeur est estimée à 260 millions euros. Le groupe public ibérique a déjà annoncé, fin décembre, avoir présenté en ce sens une «offre» soumise à l’approbation de la partie marocaine. Si des sources officielles au sein de Navantia considèrent ce contrat comme une «opportunité commerciale intéressante», elles se montrent prudentes quant à l’issue des futures négociations. Et de préciser à la presse que «pour l’instant, il n’y a aucun délai pour la conclusion d’un éventuel accord commercial».

La Tribune affirme pour sa part que le projet de contrat avec Navantia bat de l’aile en raison de tensions politiques entre Rabat et Madrid suite à l’adoption, le 16 décembre par les membres de la Commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, de projets de loi établissant la souveraineté marocaine sur les eaux du Sahara. Les deux textes 37-17 et 38-17 sont, d'ailleurs, programmés au vote lors de la plénière du mercredi 22 janvier.

Reprendre des parts du marché

Compte tenu de ses éléments, le quotidien avance que le groupe Naval a des chances de damer le pion aux Espagnols, rappelant que «la filiale de Piriou et de Naval Group propose des OPV Gowind de type Adroit (OPV 90), déjà vendus à l'Argentine (1.450 tonnes)». Le quotidien annonce également que Naval Group «travaille sur un projet de reprise d'infrastructures dans le port de Casablanca, le deuxième du Maroc, afin de réaliser la maintenance des navires militaires marocains (trois corvettes Sigma vendues par le néerlandais Schelde en 2011 et 2012 et la frégate multimissions FREMM vendue en 2008) ainsi que des navires étrangers».

«En 2008-2018, la France a vendu pour 1,8 milliard d'euros d'équipements militaires, dont une frégate FREMM en 2008 (Naval Group) et deux satellites espions en 2013 (Airbus et Thales). Deux très bonnes années pour la France au Maroc où ses industriels avaient atteint des sommets très rares en terme de commandes : 874,3 millions d'euros, puis 584,9 millions.»

La Tribune

Mais si on met de côté ces deux années exceptionnelles, les ventes de l'industrie de l'armement en France au Maroc demeurent relativement modestes : «38,6 millions d'euros en moyenne sur une période de onze ans». Les commandes d'armements du Maroc auprès des Etats-unis (10,3 milliards de dollars en 2019) ont de quoi faire saliver les sociétés françaises à l'approche de la visite officielle du président français. 

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