Menu

Culture Publié

Ibrahim Elkaddouri, l’amour pour les nasheeds et les jeunes élèves des Pays-Bas

Avec des rythmes arabiques, des instruments comme le daf et le bendir, ainsi que des paroles en néerlandais et en anglais écrites par les élèves eux-mêmes, Ibrahim Elkaddouri aborde différentes thématiques liées aux jeunes élèves de différents horizons, mais principalement musulmans, aux Pays-Bas.

Temps de lecture: 3'
Ibrahim Elkaddouri lors d'un événement culturel. / Facebook

Son amour pour les chants religieux musulmans, appelés aussi les nasheeds, ne date pas d’aujourd’hui. Mais Ibrahim Elkaddouri, Néerlando-marocain né à Utrecht, a su transmettre cette passion à ses élèves. C’est avec l’entreprise «The Voice Anasheed» que ce Marocain enseigne aux jeunes enfants et étudiants ces chants religieux. «C'est principalement dans les écoles primaires islamiques aux Pays-Bas», nous confie-t-il, précisant que ces jeunes participent eux-mêmes à la composition des chansons.

En ce mois de janvier, Ibrahim Elkaddouri et ses élèves viennent d'ailleurs de sortir une chanson, «Wij pesten niet» (on n’intimide pas), sur l’intimidation dans les écoles. «Nous parlons de sujets divers que nous transformons en chansons et notre nasheed récent est sur l'intimidation», nous confie le Néerlando-marocain. «Les enfants se sont amusés à chanter sur l'intimidation et le message de l'islam à ce sujet. L’objectif est d’affirmer que même si vous êtes différent, cela n'a aucun sens qu’on se moque de vous», explique-t-il, assurant que ce nasheed vise à insister sur les valeurs humanistes.

«Ce nasheed ne concerne pas nécessairement les étudiants néerlando-marocains ou les enfants d'origine musulmane mais tout le monde. Je travaille dans sept écoles et je vois beaucoup d'intimidation dans les établissements scolaires.»

Ibrahim Elkaddouri

L’intimidation, la tolérance et la solidarité d’une «perspective islamique»

Il précise cependant que la chanson aborde l'intimidation d’une «perspective islamique», qui souligne les valeurs de cette religion. «Nous parlons du prophète Mohammed et du fait qu'il a insisté sur le respect et l'égalité», complète-t-il.

Avant «Wij pesten niet», Ibrahim Elkaddouri et ses élèves ont sorti une autre chanson sur la tolérance et la solidarité, ainsi que d’autres nasheeds. Pour ce professeur de musique, qui enseigne depuis 7 ans, «c'est vraiment inspirant de voir des enfants parler de ces sujets». «Les enfants doivent tous être élevés avec ces valeurs humanistes et c'est la raison pour laquelle nous nous concentrons sur eux», argue-t-il.

Egalement chanteur de nasheed, il dit enseigner à ses élèves de la musique du monde islamique, en utilisant des instruments comme le daf et le bendir. Les chansons restent toutefois écrites en anglais et en néerlandais, les étudiants étant de différents horizons.

Ibrahim Elkaddouri est d’abord un artiste. «Je chante aussi dans les mariages et les événements. Je travaille actuellement sur mon album avec des chansons de nasheed en anglais, en arabe et en néerlandais», nous confie-t-il.

Un instrument pour lutter contre l’amalgame et l’islamophobie

Il y a deux ans, il avait même pris part à Rabat à un concours de nasheed. «J'ai décidé d'y aller pour leur montrer que bien qu'étant nés aux Pays-Bas, nous connaissons également ma9amat (système musical général, ndlr) et nasheed», déclare-t-il.

L’idée d’enseigner ces chants à des élèves lui est venue après avoir constaté que plusieurs jeunes enfants souhaitant apprendre la musique, ne connaissaient pas vraiment ce répertoire. «Cela me rendait très triste de voir des enfants aux Pays-Bas qui n'aiment que la musique pop qui ne parle que d'argent, de gloire et de filles. Je voulais leur montrer qu’ils peuvent s’amuser tout en faisant passer des messages à travers les nasheeds, qu’ils n’ont pas besoin d'argent ou de renommée pour être heureux», confie-t-il.

C’est d’ailleurs son père qui l’a motivé à chanter des nasheeds dès son plus jeune âge. «Je me sentais différent parce que tous mes amis écoutaient Tupac. J'ai décidé plus tard de faire une école de musique et de théâtre mais j'étais le seul marocain de la classe. C'était très gênant, parfois ils parlaient de rock'n roll alors que je n'écoutais que des nasheeds», se rappelle-t-il.

Et c’est désormais à travers ces chansons qu’Ibrahim Elkaddouri souhaite rectifier l’image qu’ont certains Néerlandais sur l’islam. «Aux Pays-Bas, nous avons l'islamophobie et j'ai eu beaucoup de Néerlandais qui sont venus me dire que l'islam n'est pas comme ils pensaient», ajoute-t-il avec un brin de fierté.

Soyez le premier à donner votre avis...
Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com