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Politique Publié

Dossier libyen : Haftar tend une nouvelle fois la main au Maroc

Présent sur le dossier libyen depuis les premiers mois de 2011, le Maroc a depuis acquis une expertise sur cette crise, mais se trouve aujourd’hui menacée. Rabat pourrait revenir dans le jeu à condition de saisir la nouvelle main tendue du maréchal Haftar.

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Le maréchal Khalifa Haftar est commandant en chef de l'Armée nationale libyenne depuis 2015. / DR

La conférence de Berlin sur la Libye a clôturé ses travaux dimanche soir. Les participants ont convenu d’une feuille de route censée rétablir la paix dans ce pays maghrébin divisé.

Un Comité international de suivi composé exclusivement des participants à la réunion, a été mis en place «afin de maintenir la coordination au lendemain du sommet de Berlin, sous l’égide des Nations unies». Ses membres devront se réunir chaque mois.

Une commission militaire 5+5 a également été instaurée avec l’objectif de surveiller le projet de cessez-le-feu entre les forces du gouvernement d’union nationale de Fayez Al Sarraj et celles du maréchal Khalifa Haftar. Elle se réunira dans les prochains jours à Genève, a annoncé le secrétaire général de l’ONU lors d’un point de presse.

La page de l’accord de Skhirat, signé le 17 décembre 2015, est visiblement tournée. Hier soir, la chancelière allemande a parlé de l’amorce d’une nouvelle étape.

L’appel du pied de Haftar au Maroc

Bien entendu, le Maroc est exclu de la participation aux mécanismes mis en place par les participants à la conférence de Berlin. Un sérieux revers pour la diplomatie marocaine qui avait déployé des efforts, durant huit mois en 2015, en vue de rapprocher les positions des protagonistes sur la scène libyenne, comme l’a déploré samedi le ministre des Affaires étrangères dans des déclarations accordées à la chaîne Al Jazeera.

Nasser Bourita a oublié de mentionner que le Maroc avait été parmi les premiers pays ayant pris part aux sessions du Groupe de contact international sur la Libye, formé au printemps 2011 alors que le régime de Kadhafi était encore en place. Le 22 août de la même année, l’ancien ministre des Affaires étrangères Taïeb Fassi Fihri s’était d’ailleurs rendu à Benghazi pour transmettre un message royal au président du Conseil national de transition libyen.

De par son engagement, le royaume a été récompensé en se voyant octroyer l’accueil des négociations de paix ayant conduit à la conclusion de l’accord de Skhirat, et a ensuite participé à une série de réunions ministérielles internationales sur ce dossier dont la dernière en date est encore très récente, tenue les 7 et 8 décembre à Rome, marquée par la présence de Mohcine Jazouli.

Malgré lexclusion du Maroc de la conférence de Berlin, la principale force militaire sur la scène libyenne continue de lui tendre la main. Hier, le ministre des Affaires étrangères du maréchal Haftar a regretté la mise à l’écart du Maroc, saluant dans des déclarations à la presse de son pays les efforts du roi Mohammed VI pour la pacification en Libye et la lutte contre le terrorisme en Afrique.

C’est, d’ailleurs, le deuxième appel du pied du même Abdelhadi Lahouij en direction du Maroc après sa visite fin décembre que les officiels à Rabat avaient voulu maintenir secrète.

En revanche, le gouvernement de Tripoli de Fayez Al Sarraj a réclamé, samedi, la présence de la Tunisie et du Qatar à la réunion de Berlin, ignorant totalement le Maroc.

Article modifié le 2020.01.20 à 10h17

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