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L’Algérie en passe d’éclipser la médiation marocaine sur la Libye

En avril 2019, Rabat accueillait un dialogue interlibyen. Des représentants de l’Ouest et l’Est y avaient tenu des réunions, renforçant ainsi le statut du Maroc en tant que médiateur sur ce dossier. Mais ce rôle est sur le point d’échapper au royaume au profit de l’Algérie.

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Au fil des jours, l’Algérie montre qu’elle a pris une certaine longueur d’avance par rapport au Maroc sur le dossier libyen. Le voisin de l’Est s’attribue d’ores et déjà le mérite de la conclusion d’une trêve entre les forces de Fayez El Serraj et de Khalifa Haftar, entrée en vigueur dimanche 12 janvier.

«Alger multiplie, depuis quelques jours, les initiatives diplomatiques pour parvenir à un cessez-le-feu en Libye en crise, alors que la logique de la guerre menaçait de prendre des proportions aux conséquences plus dramatiques pour le peuple libyen», indique l’agence APS.

En effet la semaine dernière, la capitale algérienne était au centre d’un ballet diplomatique. Le chef du gouvernement d’union nationale, El Serraj, les ministres des Affaires étrangères de la Turquie, de l’Egypte et de l’Italie s'y sont rendus pour examiner le dossier libyen avec le président Abdelmadjid Tebboune et son chef de la diplomatie. Seul manque à l’appel le Français Le Drian mais c’est à cause de considérations de politique interne en Algérie.

Des réunions qui marquent le retour en force de l’Algérie en tant qu’acteur clé dans la crise au pays maghrébin. Un rôle qui exige, en échange, une ouverture sur l’ «allié» d’hier, Khalifa Haftar. C'est désormais chose faite. Le samedi 11 janvier, les ministres du maréchal à l’Intérieur et à la Justice se rendaient à Alger sur invitation de Sabri Boukadoum.

«Les deux parties ont convenu de la poursuite des consultations et de la coopération dans tous les domaines afin de garantir la stabilité et la souveraineté de la Libye. Les deux pays sont convaincus que la paix en Libye est étroitement liée avec l’espace maghrébin, méditerranéen, arabe, africain et internationale et que l’Algérie n’a d’autres intérêts que la paix et la stabilité en Libye», précise un communiqué diffusé par les Libyens. En revanche les Algériens ont préféré garder le silence sur cette visite. 

En avril 2019, Rabat avait accueilli une réunion du dialogue interlibyen

Cette longueur d’avance prise par les Algériens sur les Marocains devrait se confirmer à l’occasion de la prochaine réunion, prévue le 25 janvier à Brazzaville, du Comité de Haut Niveau de l’Union Africaine sur la Libye que préside le chef d’Etat congolais Denis Sassou Nguesso.

Et pourtant Rabat avait entre ses mains une occasion de s’imposer en sa qualité de médiateur sur le conflit, bien avant l’entrée sur scène d’Alger. Pour rappel, Khalifa Haftar a choisi de frapper d’abord à la porte du Maroc en y envoyant fin décembre son ministre des Affaire étrangères, Abdelhadi Lahouij. Celui-ci avait sollicité une intervention du roi Mohammed VI et insisté sur la détermination de l’homme fort de l’Est de signer un «Skhirat 2».

Une visite que les autorités marocaines ont tenu à frapper du sceau de la discrétion, laissant le champ libre aux Algériens pour prendre l’initiative de renouer le fil du dialogue avec Haftar après une brouille de trois années. En avril 2019, Rabat avait accueilli un dialogue entre les gouvernements de l’Ouest et de l’Est. Une réunion largement médiatisée en son temps par le Maroc.

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