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Dix fausses idées concernant les Marocains de l’étranger !

Sur fond d’incompréhensions mutuelles et parfois d’aigreurs, les préjugés véhiculés au Maroc visant les Marocains de l’étranger, sont nombreux et solidement ancrés ! Nous partageons ci-dessous quelques aprioris les plus courants et autres contre-vérités qu’il est temps de signaler en vue de relations apaisées…
Article offert par Monisnap

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1. «Ils sont 2 à 3 millions et ne vivent qu’en Europe !»

Faux. Selon les dernières statistiques officielles connues (2017), les «Marocains du monde» sont estimés à un peu moins de 5 millions. Et ces données sont certainement minorées car elles se basent essentiellement sur les statistiques consulaires. Or, beaucoup de concitoyens ne sont pas enregistrés dans les consulats, à commencer par la totalité des «sans-papiers», nombreux en Europe ou encore une part importante des binationaux (nés à l’étranger).

Cinq pays : France, Espagne, Belgique, Pays-Bas et Italie concentrent 80% de la communauté mais on trouve les Marocains du monde dans plus d’une cinquantaine de pays avec de nouvelles destinations privilégiées au Moyen-Orient, Amérique du Nord et Afrique

2. «Ils sont surtout ouvriers… et très peu réussissent !»

Faux. Il est vrai que les premières générations sont majoritairement composées d’ouvriers et employés. Mais les temps ont changé sous l’influence notamment des 2ème et 3ème générations d’immigrés et des étudiants, désormais beaucoup plus qualifiés. Et on ne compte plus les success-stories marocaines à l’étranger dans la recherche, le business, les nouvelles technologies, les médias et la culture… On l’a vu récemment : les ingénieurs et médecins marocains sont désormais «chassés» directement au Maroc par la France et d’autres grandes économies… et à ce sujet l’Etat marocain a bien fait de s’inquiéter de l’hémorragie !

3. «Réseaux terroristes, délinquants… ils font honte au pays !»

Faux. Sur plus de 5 millions de MRE, il y a quelques «brebis galeuses» dont les médias occidentaux aiment se saisir. L’énorme majorité des Marocains du monde, vit bien insérée dans leur société d’accueil qu’ils soient ouvriers, cadres, chefs d’entreprise, étudiants… et participent ainsi à donner une belle image du Maroc. On compte environ 300 000 hautes compétences parmi les MRE et leur empreinte dans bien des secteurs n’est plus à démontrer !

4. «L’Etat marocain ne leur refuse rien !»

Faux. Au même rang que le tourisme et d’autres secteurs clés de l’économie marocaine, les MRE constituent une des principales sources de rentrées de devises. Cette manne d’environ 7 milliards d’euros permet aux familles de s’en sortir, de soutenir le petit commerce et dans une moindre mesure de financer l’économie. Avec le temps, les MRE se sont imposés comme des partenaires stratégiques au service du développement du Maroc, dignes de confiance car présents dans les bons comme les mauvais moments. Normal dans ces conditions que l’Etat marocain soutienne cette dynamique tout comme il est aux côtés des investisseurs étrangers ou des touristes. Ni plus, ni moins !

5. «Au pays, ils exagèrent par leur comportement et leur arrogance !»

Faux. Pendant qu’une petite minorité profite de l’été au pays pour en «jeter plein la vue» à leur famille et proches et, d’autres parmi les jeunes faisant fi des codes culturels du Maroc, la majorité des MRE se ressource paisiblement au sein de leur cercle familial dans le respect des coutumes du pays. Malheureusement, on fait payer certains comportements peu respectueux d’une minorité «complexée» ou «déphasée» à la masse des MRE, humble et fière des valeurs du Maroc.

6. «Ils sont responsables de la montée des prix en été !»

Faux. C’est une triste réalité, dans les zones touristiques et les régions où sont concentrés les MRE en été, les prix ont tendance à être plus élevés qu’ailleurs. La faute aux spéculateurs et aux commerçants indélicats qui appliquent les prix selon le portefeuille du client. Et les prix forts sont souvent imposés aux MRE pour leur pouvoir d’achat supérieur ! Ceux qui sont à blâmer ne sont donc pas les MRE qui sont les premières victimes de ces pratiques immorales mais bien les spéculateurs, commerçants sans scrupules et l’Etat qui doit veiller plus activement au contrôle des prix.

7. «Ils passent l’été au Maroc et ensuite bye bye !»

Faux. L’été représente environ 60 % des 3 millions d’entrées annuelles des MRE. Etant donné que plus de 80% des MRE sont localisés en Europe et donc à moins de 3 heures d’avion du Maroc, ils se rendent au pays tout au long de l’année et rentreraient davantage si les prix des billets d’avion étaient moins élevés. C’est même une nouvelle tendance de fractionner ses vacances au Maroc par des séjours plus courts en été, printemps et fin d’année ! Et même quand ils sont à l’étranger, les MRE gardent régulièrement le contact et agissent pour le Maroc notamment en consommant les produits marocains.

8. «L’argent qu’ils envoient au Maroc sert principalement à l’achat dans l’immobilier !»

Faux. Les Marocains de l’étranger (MRE) envoient chaque année au pays environ 7 milliards d’euros (sans compter ce qui n’est pas déclaré) et environ 70% de ces sommes sont destinées à soutenir leur famille (santé, éducation, dépenses courantes…). Il est vrai que l’immobilier demeure un investissement prisé mais c’est aussi par défaut car beaucoup ne sont pas à même d’identifier les autres opportunités réelles dans le pays. Malgré tout, de plus en plus de MRE reviennent au pays pour y lancer des projets créateurs d’emplois et c’est même une aspiration profonde pour beaucoup. A l’Etat marocain de mieux accompagner cette dynamique en commençant par lever les nombreuses embûches !

9. «Les jeunes ne se considèrent pas comme marocains !»

Faux. La grande majorité des quelques 2 millions de Marocains nés à l’étranger s’identifient comme Marocains et ils y reviennent d’ailleurs régulièrement pour se ressourcer auprès des grands-parents et de leur famille... Il y a quelques difficultés d’intégration notamment chez les jeunes issus des régions nord du Maroc pour des raisons qui tiennent à l’histoire du Maroc. Pour l’essentiel, Il n’y a qu’à voir la fierté patriotique unanime de ces jeunes lors des matchs des «Lions de l’Atlas» disputés en Europe. Pour l’avenir, l’Etat marocain doit néanmoins revoir et consolider la transmission intergénérationnelle du patrimoine identitaire ce qui ne doit pas se limiter à l’enseignement du «darija» et de la religion. 

10. «Ils ne sont pas essentiels au développement du Maroc !»

Faux. Quand ils ne sont pas en vacances au Maroc où ils font vivre plus de deux millions de familles, d'innombrables petits commerces et grandes entreprises (transports, télécoms, banques, immobilier…), les MRE restent connectés et continuent à servir le Maroc et son développement. Pour preuve, en France, Espagne et Belgique, le Maroc figure dans les premières destinations télécoms et en transferts d’argent. Les produits marocains (alimentaires, artisanat…) achetés à l’étranger le sont très majoritairement par les MRE sans compter l’influence positive pour l’image du Maroc véhiculée par les réussites marocaines à l’étranger. Et les artistes marocains qui se produisent à l’étranger font salle comble… Mais il est aussi vrai qu’une stratégie publique plus créative permettrait d’aller bien au-delà de la manne actuelle des transferts d’argent en cultivant les nombreux fruits «juteux» de la diaspora : épargne en devises, création d’entreprises, soutien à l’export, transferts de compétences, tourisme, philanthropie, réseaux d’influence…

… «Ils paient trop de frais pour leurs transferts d’argent !»

Vrai. En moyenne, les frais de transferts d’argent pour le Maroc sont excessifs, notamment si l’on compare à d’autres pays africains (Nigéria, Kenya, Ghana…) où ils coûtent beaucoup moins cher. Heureusement, il est désormais possible d’envoyer de l’argent au Maroc avec un service low-cost et via mobile avec Monisnap et… le premier transfert est gratuit !

Samir Bouzidi

Emission spécial MRE
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