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Politique Publié

Avortement : Le Conseil supérieur des oulémas ne ferme pas la porte à l’«Ijtihad»

Sur le débat de la légalisation de l’avortement, le Conseil Supérieur des Oulémas se démarque des positions du PJD et de sa matrice le Mouvement Unicité et Réforme. Tout en réaffirmant son adhésion aux conclusions de la commission royale créée en 2015, l’instance ne ferme pas la porte à l’ «Ijtihad».

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Sous pression des conservateurs du Mouvement Unicité et Réforme, le secrétariat général du Conseil Supérieur des Oulémas a fini par donner son avis sur le débat de la dépénalisation de l’avortement.

L’instance a commencé par préciser, dans un communiqué relayé lundi soir par la MAP, que les dispositions du Code pénal relatives à cette question ne connaîtront aucune modification «sauf ce qu’exige l’intérêt et permet l’Ijtihad». Une expression citée, d’ailleurs, trois fois dans le texte. C’est dire que le Conseil ne souhaite pas fermer définitivement la porte à toute éventuelle concession de sa part sur ce sujet à condition qu’elle soit inscrite dans le cadre de l’ «Ijtihad», considéré comme 3e source du droit musulman après le Coran et la Sunna.

Le Conseil rappelle que «les dispositions contenus dans le Code pénal (chapitre VIII, section I, de l’article 449 à l’article 458) sont la seule référence concernant la question de l’avortement (…) l’élaboration de cette loi était le fruit d’un travail laborieux et de concertations, auxquels ont pris part plusieurs institutions, dont le Conseil Supérieur des Oulémas». Ces dispositions ne connaîtront aucune modification «sauf ce qu’exige l’intérêt et permet l’Ijtihad», précise le communiqué.

Une mise en garde au président du Mouvement Unicité et Réforme

Le secrétariat général fait référence ainsi aux conclusions du rapport de la commission royale mis en place à l’initiative de Mohammed VI en 2015. Des conclusions que les défenseurs des libertés individuelles, soutenus en cela par les recommandations du Conseil National des Droits de l’Homme et certains partis politiques (PAM et PPS) jugent dépassées.

L’instance avertit, par ailleurs, qu’ «aucune personne n’est habilitée de surpasser une partie compétente d’une manière à impliquer le Conseil Supérieur des Oulémas dans un débat clos, donnant l’impression que ledit Conseil était absent et n’assume pas ses responsabilités, et exploitant cette implication dans une polémique à caractère politique».

Une mise en garde destinée au président du Mouvement Unicité et Réforme. En effet, le jeudi 29 novembre, à l’occasion d’une conférence sur cette question, Abderrahim Chikhi a demandé au Conseil de donner son avis sur le débat portant sur la légalisation de l’avortement.

Le Conseil conclut d’ailleurs son communiqué en signalant que le débat sur l’avortement «demeure une affaire publique et le mécanisme avec lequel le Conseil participe à ce débat est connu et personne ne peut l’ignorer».

Le Conseil Supérieur des Oulémas est présidé par le roi Mohammed VI.

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