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Politique Publié

Maroc : L’UNESCO recommande à Rabat de revoir sa «folie des grandeurs»

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Maquette du projet de la tour Mohammed VI, remise en question par l'UNESCO pour son édification autour de bâtiment qui ne dépassent pas trois étages légalement / DR.

Déclarée patrimoine mondial en 2012, la ville de Rabat a des comptes à rendre à l’UNESCO, notamment sur ses projets annoncés en grande pompe de se doter de musées, d’un grand théâtre, de gares ferroviaires entièrement refaites, de ponts flambant neufs ou encore de la plus haute tour d’Afrique. L’agence de presse espagnole EFE a indiqué, ce lundi, que les responsables locaux n’ont effectivement pas anticipé que le classement de leur ville impliquait une communication en amont sur tous ces chantiers et leur impact, notamment visuel, sur la cité.

«En juillet dernier, le gouvernement marocain a reçu une lettre du Comité du patrimoine mondial dans laquelle ce dernier, dans des termes inhabituellement difficiles, a déclaré ''regretter vivement que tous les détails de ce grand programme (l’urbanisme à Rabat) et que les projets accessoires ne [lui] ont pas été annoncés préalablement''», explique EFE. Ainsi, une échéance d’ici à février 2020 a été donnée à l’exécutif pour mener «une étude d’impact», en mettant un accent particulier sur l’impact visuel et paysager.

Selon l’agence de presse, cette missive est «tombée comme une bombe dans les hautes sphères». En effet, «deux projets ont particulièrement interpelé l’UNESCO : la future tour Mohamed VI et l’extension de la gare de Rabat-Ville», qui ont été décidés sans communication préalable auprès de l’institution onusienne.

La tour serait «le projet de la discorde» par excellence. Voulue comme la plus haute d’Afrique, elle serait mal placée puisqu’elle se dressera sur les abords du Bouregreg, donc sur une zone où les bâtiments ne dépassent pas les trois étages, ce qui ne rassure pas l’UNESCO. Pourtant, «les fondations sont déjà en place et l’élévation du bâtiment n’est qu’une question de mois», explique EFE, s'interrogeant sur les modalité de règlement des factures salées que nécessitent de tels projets.

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