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Politique Publié

L’Algérie alerte la MINURSO sur des risques d’enlèvement dans les camps de Tindouf

A sa manière, le gouvernement algérien donne du crédit aux recommandations lancées, le  27 novembre, par le ministère espagnol des Affaires étrangères à ses ressortissants, d'éviter de se rendre dans les camps de Tindouf.

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Des éléments de la MINURSO. / DR

A son tour, l’Algérie a lancé une «alerte de sécurité destinée à la MINURSO indiquant un plan en vue de kidnapper des étrangers dans les camps de réfugiés et dans les zones à l’est du mur des Sables». C’est ce que précise le gouvernement algérien dans une lettre adressée à la MINURSO et rapportée par le site TSA, qui recommande une série de mesures visant à protéger les membres de la mission onusienne.

Ces recommandations interviennent sur la base «d’informations relatives à la préparation d’enlèvements d’étrangers des camps de réfugiés et des zones situées à l’est du mur de Sable et à la mise en place d’un plan pénal ciblant les intérêts espagnols dans les camps», explique la même source.

La missive envoyée à la MINURSO suscite des interrogations, sachant que la sécurité à l’intérieur des camps est assurée exclusivement par les militaires algériens, déployés en force dans la zone depuis le début des marches du Hirak algérien le 22 février, et non par les casques bleus.

Un sérieux démenti à la version défendue par le Polisario

Dans sa lettre, l’exécutif algérien recommande notamment d’«arrêter tout mouvement après 22h (couvre-feu) sauf dans les cas d’urgence ; tout mouvement après 22h [devant] se faire sous escorte», de «respecter les procédures et les protocoles de mouvement établis» ou encore de «suivre les procédures établies pour garer les véhicules de l’ONU».

Cette alerte est la première réaction officielle de l’Algérie après la mise en garde lancée, le 27 novembre, par le ministère espagnol des Affaires étrangères à ses ressortissants d’éviter de se rendre dans les camps de Tindouf.

Elle laisse entendre que le voisin de l’Est parait convaincu par les explications fournies par les Espagnols à l’occasion de la visite éclaire à Alger, du ministre espagnol de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, le 28 novembre. Le même jour, la ministre de la Défense Margarita Robles a affirmé que «les services de renseignement étrangers opérant dans la région ont confirmé la menace» d’enlèvement. «Le risque d’attaque est imminent contre les citoyens espagnols qui pourraient se rendre dans les camps de Tindouf», a-t-elle mis en garde.

L’alerte lancée par gouvernement algérien est, par ailleurs, un sérieux démenti à la version défendue depuis presque une semaine par la direction du Front Polisario à ce sujet. Le 29 novembre, le coordinateur du mouvement séparatiste avec la MINURSO, M’Hamed Khaddad avait qualifié l’avertissement de la diplomatie espagnole d’«injustifié», illustrant, selon lui, «la complicité du gouvernement espagnol» avec le Maroc.

Article modifié le 2019.12.02 à 15h52

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