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Politique Publié

Comme en 2006, les Iles Canaries nouvelle route des mafias de l’immigration illégale

Après la fermeture de la route de la Méditerranée orientale, la mafia de l’immigration illégale avait aussitôt mis le cap sur les côtes andalouses. Une voie périlleuse pour les embarcations de migrants, qui contraint les mafias à opter pour la route des Iles Canaries.

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Ici, un bateau de migrants arrivant dans le port de Palerme. / Ph. Reuters

Hier après-midi, une patrouille marine de la protection civile espagnole a intercepté une embarcation avec à son bord 36 personnes à destination des Iles Canaries, indique un média espagnol. Quelques heures plus tôt, une autre unité de ces mêmes services avait empêché une embarcation de fortune et ses 28 occupants d’atteindre l’île de Gran Canaria.

Des arrivées qui commencent à inquiéter sérieusement de l’autre côté de la Méditerrané, et plus particulièrement dans l’archipel. Contrairement à la baisse enregistrée cette année, avec plus de 50% du nombre d’immigrés illégaux qui entrent en Espagne à travers les côtes andalouses, les entrées dans les Iles Canaries n’ont pas diminué.

Les chiffres indiquent paradoxalement une hausse de 21% de l’interception de migrants en mer atlantique durant les dix mois de 2019 par rapport à la même période de 2018. Une tendance qui s’est accentuée en octobre avec le sauvetage de 495 personnes à bord de 22 embarcations, soit presque le tiers du total des migrants secourus (1 470).

Les Espagnols redoutent la répétition du scénario de 2006

La presse espagnole commence déjà à présenter les Iles Canaries comme la nouvelle route de l’immigration clandestine. La mafia qui contrôle ce lucratif marché a visiblement mis le cap sur l’archipel. Les mesures prises par le Maroc pour sécuriser la Méditerranée ont en effet contraint les réseaux d’immigration clandestine à se tourner vers les Iles Canaries, explique La Vanguardia. Le scénario de 2006 pourrait ainsi se répéter, avec son lot de vies humaines perdues.

Début novembre, les services de secours à Lanzarote ont récupéré les corps sans vie de neuf jeunes marocains morts noyés, partis la veille à bord d’une embarcation de fortune depuis Agadir. De plus, à Laayoune et Dakhla, les médias locaux font de plus en plus état de corps de migrants repêchés.  

Contrairement à la Méditerranée occidentale, la nouvelle route représente un réel danger pour les migrants. Et pour cause, la traversée est longue, parfois plus de 1 000 kilomètres pour des départs de Rabat ou Kenitra. A ce facteur s’ajoutent les mauvaises conditions de navigation en Atlantique. En revanche, les prix pour monter à bord des embarcations ont augmenté, souligne le même média.

En 2006, plus de 32 000 immigrés, principalement originaires du Maroc, de la Mauritanie et du Sénégal, avaient atteint les côtes des Iles Canaries. Une affluence record qui a depuis nettement baissé grâce notamment à la contribution du Maroc. Rabat avait en effet accueilli, en juillet 2006, la première conférence interministérielle Afrique-Union européenne sur l’immigration. A l’époque, l’Espagne du Premier ministre José Luis Zapatero avait accordé la priorité au royaume, avec une révision de la position de son pays sur la question du Sahara occidental.

Le Maroc attend encore la réception de la totalité des 140 millions euros promis par l’Union européenne en échange de son engagement à lutter contre l’immigration illégale.

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