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Politique Publié

Mustapha Ramid : «La France est l’autre face des Talibans»

«La France est l’autre face des Talibans», a asséné le ministre marocain d’Etat chargé des droits de l’Homme à la Chambre des représentants. Une déclaration qui risque de susciter la polémique entre Paris et Rabat.

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Mustapha Ramid, ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme / Archive - DR

Le ministre d’Etat chargé des droits de l’Homme et des Relations avec le Parlement a jeté vendredi 8 novembre un pavé dans la marre des relations maroco-françaises. Mustapha Ramid s’est permis de tacler la France sur la sensible question du voile et de l’islamophobie.

A l’occasion de l’examen du budget consacré au Conseil national des droits de l’Homme dans le cadre du PLF 2020 par les membres de la Commission de justice, de législation et des droits de l'homme, le numéro 2 du gouvernement El Othmani a mis dans le même panier la France et les Talibans afghans. Pour lui, «les deux veulent imposer une certaine tenue vestimentaire aux femmes ; ce qui constitue une violations des libertés», rapporte le site d'information Al3omk, proche du PJD.

Mustapha Ramid a affirmé sur un ton peu diplomate que «la France est l’autre face des Talibans».

Ramid sera-il recadré par le gouvernement ?

Les flèches du ministre issu du PJD en direction de la France ne constituent pas une nouveauté. Traditionnellement, les islamistes marocains ne portent guère dans leur cœur la France. Lorsqu’ils occupaient les bancs de l’opposition, ils se sont montrés très critiques vis-à-vis de l’influence de Paris sur le Maroc, et avaient préféré nouer des contacts avec les Américains par le biais de l'International Republican Institute.

Par ailleurs,  en pleine crise avec la France, Mustapha Ramid avait qualifié de «comportement colonial», l’envoi d’une escouade de policiers, le 20 février 2014, à la résidence de l’ambassadeur du royaume, pour déposer une convocation adressée par une juge parisienne à Abdellatif Hammouchi, alors patron de la DGST. Une crise qui pourrait être relancée avec la comparaison du ministre d’Etat.

Mais le Maroc pourrait ne pas attendre une réaction de Paris pour recadrer Mustapha Ramid, comme il l’avait fait auparavant avec les critiques d'Abdelilah Benkirane, alors chef du gouvernement d’expédition des affaires courantes, à l’intervention russe en Syrie ; ou en réaction aux déclarations de Hamid Chabat sur la marocanité de la Mauritanie ; et tout récemment avec la position exprimée par Salaheddine Mezouar, l’ancien président de la CGEM, sur le Hirak en Algérie. Les prises d’initiatives dans le domaine des Affaires étrangères, ne sont en effet guère appréciées par le chef de l’Etat. 

Article modifié le 2019.11.09 à 11h29

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