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Société   Publié

Marrakech : Une école lutte pour continuer à accueillir les enfants à besoins spécifiques

Mariam Id-Massaoud est la directrice d’une école privée à Marrakech dont un tiers est composé d’enfants à besoins spécifiques. Son établissement milite pour assurer une éducation, un soutien psychologique et médical pour cette catégorie d'élèves, malgré le manque de moyens.

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Un tiers des élèves de cette école sont des enfants à besoins spécifiques. / Ph. Youssef Dahmani - Yabiladi

La perte d'un enfant est une épreuve traumatisante qui nous change à jamais. C’est le cas notamment de Mariam Id-Massaoud, âgée de 50 ans, qui dirige aujourd’hui une école privée qui accueille des élèves à besoins spécifiques dans le quartier de Mahamid à Marrakech.

Au micro de Yabiladi, elle dit se battre afin de fournir à ces petits tout ce dont ils ont besoin et ce, dans une conjoncture marquée par le peu de ressources financières et le manque de soutien et d'assistance. Car pour mener à bien sa mission, la quinquagénaire compte sur ses propres fonds.

Avant de créer une école qui donnerait la priorité à cette catégorie d’enfants, Mariam Id-Massaoud avait déjà créé une crèche. Elle a confié à Yabiladi que «cet établissement était visité par des parents d'enfants à besoins spécifiques qui demandaient à inscrire leurs enfants». «Malheureusement, ce n’était pas possible car nous n’avions pas d’éducateurs spécialisés dans ce domaine», regrette-t-elle.

Derrière la volonté d’aider les parents et leurs enfants, Mariam Id-Massaoud a une histoire particulière. «J’ai perdu ma fille qui avait des besoins spécifiques. Si elle était toujours en vie, j’aurais aussi vécu les mêmes souffrances que celles des mères de ces enfants», déclare-t-elle.

Elle dit aussi avoir voulu «soulager les souffrances» des mères qui fréquentaient des associations dans des quartiers éloignés à Marrakech et a décidé de créer une association au bénéfice de la population. L’ONG a été baptisée l’«Association Oumniat Al Ghad pour l’éducation et la petite enfance» et supervise aujourd’hui cette école.

Un appel aux responsables et aux bienfaiteurs pour aider cette catégorie d’enfants

Au début, Maryam Id-Massaoud était plus attentive aux personnes atteintes de «trisomie», mais au fil du temps, elle a commencé à accueillir d'autres enfants à besoins spécifiques. Aujourd’hui, elle accueille des enfants issus de familles pauvres et incapables de payer les frais de scolarité de leurs enfants, qui sont scolarisés gratuitement.

Elle souligne aussi qu’«un tiers des enfants scolarisés ont des besoins spécifiques» et qu’outre les professeurs qui dispensent des cours, l'école dispose d'un orthophoniste, d'un psychothérapeute et d'un psychologue. L’établissement mène aussi des campagnes de sensibilisation pour faciliter l'intégration de ce groupe d’enfants dans la société, ajoute-t-elle.

Maryam Id-Massaoud déclare aussi qu’elle tend sa main aux personnes dans le besoin et ce, malgré le peu de moyens dont elle dispose. «Nous demandons aux autorités de nous soutenir et nous appelons également les bienfaiteurs car, comme le dit le proverbe, ''une seule main n’applaudit pas''», déplore-t-elle.

«Nous faisons tous ce que nous pouvons pour aider cette catégorie d’enfants et nous sommes prêts à frapper à toutes les portes pour aider ces enfants», conclut-elle.

Article modifié le 2019.11.07 à 18h03

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