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Hirak : Le groupe Nasser Zefzafi accuse la France de «couvrir les crimes» du Maroc dans le Rif

Après avoir demandé la déchéance de la nationalité marocaine, les revendications des camarades de Nasser Zefzafi détenus à Fès ont pris une résonance particulière, avec un affrontement entre le Rif et l’Etat marocain.

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Une nouvelle lettre des détenus du Hirak incarcérés à la prison Ras El Ma à Fès a été publiée sur la page Facebook de l’association Tafra. La missive est destinée à «l’opinion publique et la communauté internationales» et aux «rifaines et rifains». Le groupe de Nasser Zefzafi revient sur le choix de Paris pour accueillir la commémoration du 3e anniversaire du décès de Mohcine Fikri. «La France est considérée comme un partenaire, un complice et une partie responsable de tous les crimes commises contre notre peuple», expliquent les détenus.

Paris est accusée de «défendre l’Etat du Makhzen autoritaire et la dictature» et de «couvrir ses crimes» devant les organisations internationales. Une politique qui lui «a épargné d’être jugé sur l’ensemble de ses crimes et politiques d’apartheid contre un peuple non-armé».

Les mêmes accusations ont été d’ailleurs portée à l’encontre du gouvernement français par des personnes ayant pris la parole lors de la marche à Paris du samedi 26 octobre.

L’Espagne et l’UEest également pointée du doigt

Les camardes de Nasser Zefzafi n’ont pas oublié de mentionner dans leur réquisitoire les déclarations d’Emanuel Macron alors qu’il effectuait en juin 2017 une visite d’ «amitié et de travail» au Maroc.

«J’ai senti d’une part que le roi a considéré qu’il était légitime qu’il y ait des manifestations, qui sont d’ailleurs prévues dans le cadre d’un droit constitutionnel (...) ; d'autre part que son souhait était d'apaiser la situation en répondant aux prémices de ces mouvements et en apportant une considération à cette région», avait déclaré le chef de l’Etat français à l’occasion d’un point de presse.

Sa position est une preuve de «la responsabilité politique» de la France, selon le groupe de détenus du Hirak. Et de rappeler «sa responsabilité contre le peuple du Rif avec des gaz toxiques et chimiques pour éliminer la révolution et l’Etat de Mohamed Ben Abdelkrim El Khattabi».

Après la France, au tour des Etats européens de subir la colère des camarades de Nasser Zefzafi. Ils ont qualifié le silence de l’Europe comme un «feu vert» accordé au Maroc de poursuivre «la répression et l’intimidation du peuple de l’intérieur». Ils ont en outre condamné la récente décoration par l’Espagne d’Abdellatif Hammouchi, le chef de la DGSN et la DGST.

La lettre des camarades de Nasser Zefzafi se conclut en invitant les «rifaines» et les «rifains» à «s’unir contre l’injustice».

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