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Grand Angle

Maroc : Le marché de l'huile d'argan évalué à 2,5 MMDH d'ici 2025, selon un cabinet de conseil américain

L'huile d'argan, souvent appelée l'or du Maroc, a un avenir commercial prometteur. Quid des populations qui vivent de l'arganier et de l'écosystème ?

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Photo d'illustration. / DR
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262,4 millions de dollars, soit plus de 2,5 milliards de dirhams. C’est la valeur que devrait atteindre le marché mondial de l’huile d’argan d’ici à 2025, enregistrant un taux de croissance annuel moyen de 20,7% sur cette période de prévision, d’après un rapport du cabinet d’études et de conseil Grand View Research (basé en Californie), publié ce mois-ci. En 2018, la taille de ce marché était estimée à 70,3 millions de dollars.

«Le Maroc devrait assister à une augmentation de la consommation de l’huile d’argan en raison de la forte demande de l’industrie médicale. La demande croissante d’huile d’argan au Maroc dans le secteur des cosmétiques contribue directement à la croissance des exportations de produits dans différentes régions», indique le rapport, relayé par le site d’informations financières Benzinga.

Selon la même source, ce sont en effet les ingrédients de l’huile d’argan, notamment les acides gras oméga-3 et oméga-6, qui ont «incité les fabricants de divers produits cosmétiques, médicaux et d'aromathérapie à incorporer cette huile d’argan dans leurs produits».

«L’innovation technologique dans le processus de production au Maroc a joué un rôle important en remplaçant le processus d’extraction manuelle par des machines. Cela a conduit à une production accrue d’huile d'argan en moins de temps. La modification de la quantité de composants biochimiques par divers procédés d’extraction devrait jouer un rôle important dans les années à venir.»

Le cabinet indique par ailleurs que cet intérêt pour l’huile d’argan s’inscrit dans celui, croissant, de nombreux consommateurs à adopter un mode de vie plus sain à base de produits naturels. Une tendance qui «se traduit par une demande accrue d’huiles végétales saines, notamment l’huile d’argan». L’attrait pour ce produit s’explique en effet par les «intrants synthétiques» qui sont «limités ou nuls dans les processus de fabrication des produits de soins personnels bio».

Un boom économique qui ne fait pas que des heureux

Ce regain d’intérêt pour cette huile n’est pas sans rappeler les conséquences qui pèsent sur sa production et l'écosystème arganier. En septembre dernier, l’enseignant-chercheur Hassan Faouzi s’inquiétait de la récolte très intensive pratiquée dans les arganeraies, mettant en péril leur régénération naturelle.

C’est à partir des années 1990 que l’argan est devenu un produit de luxe mondialisé. «Ce boom, aussi bien sur le marché national qu’international, n’a malheureusement pas instauré un comportement collectif de conservation des arganeraies», nous disait-il. Un boom économique qui, conjugué à la mondialisation, la croissance démographique, la sécheresse et la pauvreté, a accentué la dégradation des arganeraies.

«Cette dégradation a également été soutenue par une importante promotion médiatique, en particulier depuis la reconnaissance de la dimension scientifique de l’usage de l’huile d’argan dans le domaine cardiovasculaire et en dermatologie.»

Hassan Faouzi

Les chiffres annoncés par Grand View Research ne devraient donc rien arranger, ouvrant l'appétit des industriels de la cosmétique, sans pour autant en faire bénéficier les populations locales qui, pour l’heure, n’ont pas d’autres options.

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