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Politique Publié

Propos de Saadani sur le Sahara : La réaction tardive du gouvernement algérien

Le ministre algérien de la Communication, porte-parole du gouvernement, a assuré ce lundi que les déclarations d’Amar Saadani sur le dossier du Sahara occidental «n’engagent que leur auteur». Selon Hassan Rabhi, ce dossier «relève des questions de décolonisation prises en charge par les Nations unies et sa légitimité est reconnue par de nombreux Etats».

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L'ancien secrétaire général du FLN, Amar Saadani. / Ph. DR

Quatre jours après ses déclarations sur le Sahara, le gouvernement algérien a fini par réagir aux propos d’Amar Saadani, ex-secrétaire général du FLN. Ce lundi, son porte-parole, le ministre de la Communication Hassan Rabhi, a assuré que ces déclarations «n’engagent que leur auteur». «La question du Sahara occidental relève des questions de décolonisation prises en charge par les Nations unies et sa légitimité est reconnue par de nombreux Etats. La position de l’Algérie vis-à-vis de cette question est claire», a-t-il indiqué dans une déclaration aux médias algériens, dont TSA.

«Tous les individus, même si leurs avis peuvent ne pas peser une poussière, sont libres d’exprimer leurs opinions personnelles, mais cela ne peut avoir aucun impact sur les positions des Etats et le haut degré de responsabilité avec laquelle les Nations unies traitent la question», a précisé Hassan Rabhi.

Et d’assurer que ce conflit «ne trouvera pas de solution en dehors de celle qui garantisse le droit à l’autodétermination à travers un référendum transparent et inclusif comme le prévoient toutes les chartes et toutes les résolutions adoptées par l’ONU».

Depuis ce weekend, les premières réactions ont commencé à fuser au lendemain de la sortie médiatique d’Amar Saadani sur le Sahara occidental. D'abord boudées par les médias algériens, ses propos ont fini par faire réagir le «Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui» (CNASPS).

Des propos qui irritent le Polisario et ses soutiens

Dans un communiqué repris dimanche par le quotidien El Watan, cette ONG a même qualifié de «traître à la solde du Makhzen» l’ancien numéro 1 du FLN, affirmant que «par sa sortie aussi abjecte que scandaleuse, Amar Saadani foule aux pieds 44 ans de diplomatie algérienne». «Il ne suggère rien d’autre que le Front Polisario est une création de l’Algérie. Ce qui est bien évidemment faux, les innombrables résolutions de l’ONU et les avis de la Cour internationale de justice (CIJ) étant là pour le prouver», ajoute ce comité.

De leur côté, les relais médiatiques du Front Polisario continuent de fustiger les propos d’Amar Saadani. Citant le média algérien El Mihwar, Futuro Sahara a rapporté les déclarations du président du Front El Moustakbel, Abdelaziz Belaid. Ce dernier a assuré que sa formation politique «sera toujours avec le peuple sahraoui qui souhaite décider de son sort et se débarrasser du colonialisme marocain». Et de souligner que l'Algérie soutient «tous les peuples qui revendiquent leurs droits, en particulier le peuple palestinien et le peuple sahraoui».

Jeudi, dans une interview accordée au média algérien TSA, Amar Saadani a affirmé que pour lui, «le Sahara est marocain». Le Sahara est un territoire qui «a été enlevé au Maroc au congrès de Berlin» a-t-il ajouté, en dénonçant les «sommes faramineuses» dépensées par l’Algérie pour le Front Polisario.

Amar Saadani persiste et signe

Dans des déclarations accordées ce lundi au média Algérie1, Amar Saadani a réagi aux propos du porte-parole du gouvernement. «La réponse du porte-parole du gouvernement est une réponse claire à ceux-là même qui prétendent que Amar Saadani ne parle que sur instruction ou comme l’ont laissé entendre d’autres, que je serais le porte-parole officieux de Monsieur le chef d’Etat-major», tient-il à préciser.

«Mes déclarations sont l’expression de mes convictions personnelles et ma position sur la marocanité du Sahara est de notoriété publique, connue en général et en particulier et elle n’a strictement rien de nouveau. J’ai eu déjà l’occasion de l’exprimer quand j’étais responsable et je l’exprime aujourd’hui en tant que simple citoyen», insiste-t-il.

Quant au fond de sa déclaration, l’ancien secrétaire général du FLN affirme «qu’elle est bien en cohérence avec l’Histoire et le combat de [ses] prédécesseurs et les résolutions des partis de l’Etoile nord- africaine». «Mes déclarations à ce sujet, en tant que citoyen et en toute liberté sans que mes propos n’engagent quelque partie officielle, parti politique ou personne», conclut-il.

Article modifié le 2019.10.21 à 19h01

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