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Politique Publié

Succession de Köhler : Le Polisario menace de «ne pas s’engager dans l’opération de paix»

Après s’être plaint du retard dans la nomination d’un nouvel envoyé personnel au Sahara occidental, le Polisario condamne désormais les «conditions imposées» par le Maroc dans l’opération de désignation d’un remplaçant à Horst Köhler.

 

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Brahim Ghali, chef du Polisario / DR

Le Conseil de sécurité tient ce mercredi 16 octobre une réunion consacrée à la question du Sahara occidental, marquée par le briefing que présentera le chef de la MINURSO, le Canadien Colin Stewart.

Un timing que le Polisario a jugé propice pour adresser une nouvelle lettre au secrétaire général de l'ONU. Sur un ton menaçant, Brahim Ghali a signifié dans sa missive à Antonio Guterres son rejet des «diktats» du Maroc se rapportant à la nomination d’un successeur de Horst Köhler.

Le Front «n’acceptera pas (…) que le processus de paix sous l’égide des Nations unies, y compris la désignation du nouvel envoyé personnel du secrétaire général, soit otage des conditions préalables du Maroc», a-t-il écrit dans son message diffusé par l'agence SPS.

Il y a un mois Ghali se plaignait du retard de la nomination d’un successeur de Köhler

Ghali a précisé que le Polisario «rejette catégoriquement les conditions imposées par le Maroc pour la nomination» d’un autre médiateur onusien pour le conflit au Sahara occidental. Il a également adressé une mise en garde en direction de l’ONU, menaçant de «ne s’engager dans aucun processus politique résultant de ces conditions préalables» du royaume.

Cette lettre envoyée à Antonio Guterres constitue un changement radical de la position Polisario, telle qu’exprimée dans une autre missive du même Brahim Ghali. Cette dernière datant du 12 septembre dernier était destinée au représentant permanent de la Russie à l’ONU, l’ambassadeur Vassily Nebenzia dont le pays assurait durant le mois dernier la présidence tournante du Conseil de sécurité.

«Trois mois se sont écoulés depuis la démission soudaine de M. Horst Köhler (…) Le retard dans la nomination d'un nouvel envoyé personnel a paralysé le processus politique.»

Brahim Ghali

Ghali a d’ailleurs affirmé au diplomate russe que son mouvement ne souscrit guère à l’arrêt de «l’opération politique», arguant qu’il a «présenté de grandes concessions et sacrifices pour aider l’envoyé personnel à réussir sa mission».

Köhler a présenté sa démission en mai dernier pour des «raisons de santé» ; depuis, le poste est resté vacant. Antonio Guterres cherche un candidat qui ait au moins l’adhésion de toutes les parties engagées dans le conflit, particulièrement le Maroc et l’Algérie. La question avait été en effet abordée par le Portugais à l’occasion de ses entretiens séparés avec les chefs de diplomatie des deux pays, tenus fin septembre en marge de la 74e session de l’Assemblée générale de l’ONU.

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