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Sciences Publié

Des fossiles de Phoebodus découverts au Maroc relancent le débat sur les anciens requins

Dans une étude publiée ce mercredi, une équipe de chercheurs internationaux dévoilent les secrets d'un squelette de Phoebodus découvert au Maroc. Le chaînon manquant qui relie ces anciens requins avec des espèces qu'on retrouve actuellement dans les profondeurs de nos océans.

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Une illustration du Phoebodus, un ancien requis ayant vécu sur terre il y a 350 millions d'années. / Ph. DR

Le monde de l'archéologie et de la paléontologie sont enthousiastes grâce à une nouvelle découverte faite au Maroc par une équipe internationale de chercheurs. Ainsi, ceux-ci ont découvert les premiers restes squelettiques d’un Phoebodus. Ancien requin, ces fossiles ont été découverts lors de fouilles dans les montagnes de l'Anti-Atlas au Maroc, au niveau du bassin de Maider.

L’article évoquant cette recherche, publié ce mercredi dans la prestigieuse revue britannique «Proceedings of the Royal Society B», rappelle que le genre Phoebodus du Dévonien (système géologique s’étendant de −419,2 (± 3,2) à −358,9 (± 0,4) millions d’années), presque cosmopolite et abondant dans la région, est connu de longue date uniquement par ses dents isolées et ses épines. 

«Nous rapportons ici les premiers restes squelettiques de Phoebodus appartenant au Famennien (Dévonien tardif) de la région du Maïder au Maroc, révélant un corps anguilliforme, (…) un arc hyoïde, des mâchoires allongées et du rostre, ainsi que ses épines dorsales, de denture antérieure et des nageoires dorsales», explique-t-on.

Pour les chercheurs, «plusieurs de ces caractéristiques corroborent une relation probablement étroite avec l'espèce carbonifère Thrinacodus gracia, et les analyses phylogénétiques placent les deux taxons en tant que membres de la lignée des souches d’élasmobranches».

«La forme du corps anguilliforme de Phoebodus est sans précédent et son anatomie spécialisée est, à plusieurs égards, plus facilement comparée au requin à collerette moderne Chlamydoselachus (un genre de requin primitif, ndlr). Ces résultats ajoutent beaucoup à la disparité morphologique et, par voie de conséquence écologique, des premiers élasmobranches.»

Extrait de l’étude

Si les recherches autour des anciens requins ayant disparu depuis longtemps étaient jusque-là difficile, c’est parce que «leurs squelettes étaient constitués de cartilage mou au lieu d'os durs», explique la revue Phys

Les restes squelettiques du Phoebodus découverts au Maroc. / Ph. National GeographicLes restes squelettiques du Phoebodus découverts au Maroc. / Ph. National Geographic

Des points de ressemblances avec le Requin-lézard

Le squelette totalement fossilisé de Phoebodus qui vivait, il y a plus de 350 millions d'années, a été découvert dans une la région montagneuse qui était autrefois un bassin océanique peu profond. Les chercheurs ont également trouvé plusieurs crânes et parties d'une autre espèce de Phoebodus sur le même site. Avant cela, la seule preuve de Phoebodus était constituée de trois dents. 

«La quantité de données qui ressort des études telles que celle-ci est stupéfiante», déclare John Maisey, paléontologue du Musée américain d'histoire naturelle, cité par National Geographic et qui ne faisait pas partie de l'équipe d'étude. «Nous vivons une renaissance de l'anatomie», a-t-il ajouté.

En étudiant le squelette fossilisé, les chercheurs ont pu constater qu'il ressemblait de façon frappante au requin à collerette moderne, appelé aussi le requin-lézard et qui vit encore aujourd'hui dans les profondeurs marines, bien que les deux ne soient pas liés. Leurs dents, en particulier, étaient très similaires : «rondes et pointues et tournantes vers l'intérieur, plutôt que les bords dentelés plus familiers» commente Phys. Ces requins avaient ainsi tendance à saisir leur proie avant de l’avaler en entier. 

Les chercheurs suggèrent que la ressemblance entre le requin ancien et le requin moderne peut donner aux chercheurs quelques idées sur la manière dont chassait le Phoebodus. Bien que cette espèce se soit éteinte au début du Carbonifère, cela n’a donc pas empêché la réémergence de certaines de ses caractéristiques chez des requins modernes, comme le requin à collerette.

Un requin à collerette moderne appelé aussi Requin-Lézard. / Ph. DRUn requin à collerette moderne appelé aussi Requin-lézard. / Ph. DR

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