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Malgré des accusations de prélèvements d’organes sur des Ouïghours, la Chine soutenue par plusieurs pays musulmans

En juillet dernier, trente-sept pays ont adressé une lettre aux Nations unies pour soutenir la Chine malgré des soupçons de violation des droits de l’Homme, en l’occurrence sur les Ouïghours. Plusieurs pays musulmans se sont joints aux signataires alors que les accusations de prélèvement d’organes se multiplient. 

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Un manifestant lors d’un rassemblement de la communauté ouïghoure devant les institutions européennes à Bruxelles, le 27 avril 2018. / Ph. Emmanuel Dunand – AFP
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La Chine est-elle coupable d’une énième violation des droits humains ? L’avocat Hamid Sabi a demandé, mardi 24 septembre à l’ONU, d’enquêter sur les lourds soupçons pesant sur la Chine, rapporte l’Agence France-Presse (AFP). Ce dernier accuse en effet le pays de se livrer à des prélèvements d’organes sur des membres vivants de la communauté musulmane ouïghoure et du mouvement Falung Gong, interdit depuis 1999.

Des accusations formulées sur la base d’un rapport détaillé établi en juin dernier par China Tribunal, un groupe de juristes et chercheurs basé à Londres et se présentant comme «indépendant». D’après ses conclusions, cette pratique, perpétrée depuis plusieurs années, aurait fait plusieurs centaines de milliers de victimes. Pékin prélèverait des organes par la force «dans toute la Chine», «au-delà de tout doute raisonnable», explique le rapport.

China Tribunal avance pour arguments «le temps extrêmement court pour obtenir une transplantation (quelques semaines), potentiellement trop court pour un système basé uniquement sur le don volontaire d’organes», indique l’AFP. Curieux paradoxe : alors que le nombre de ces opérations est estimé à 90 000 chaque année, soit 245 par jour environ, la Chine déclarait en 2016 seulement 10 000 transplantations.

Nombre de pays musulmans peu solidaires

La répression des Ouïghours, minorité ethnique musulmane vivant dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, en Chine, régulièrement évoquée dans les médias, ne semble pas inquiéter outre mesure les pays musulmans.

D’après l’Agence France-Presse (AFP), trente-sept pays ont adressé en juillet dernier une lettre aux Nations unies pour soutenir la Chine, en réponse à une autre envoyée par une vingtaine de pays, principalement occidentaux, pour dénoncer les internements dans la région chinoise du Xinjiang. Parmi les soutiens au régime de Pékin, la Russie, la Corée du Nord et les Philippines.

De plus, selon l’ONG Human Rights Watch, 14 États figurent parmi les pays à majorité musulmane ayant signé cette déclaration : l’Algérie, l’Arabie saoudite, Bahreïn, l’Égypte, les Émirats arabes unis, Koweït, Oman, le Pakistan, Qatar, la Somalie, le Soudan, la Syrie, le Tadjikistan et le Turkménistan.

Le document est adressé au président du Conseil, Coly Seck, et à la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet. Ses cosignataires «félicitent la Chine pour ses remarquables réalisations en matière de droits humains», d’après l’AFP, qui s’est procuré une copie de la lettre. Ils «prennent note que le terrorisme, le séparatisme et l’extrémisme religieux ont causé d’énormes dommages à tous les groupes ethniques du Xinjiang».

Et d’ajouter : «Face au grave défi du terrorisme et de l’extrémisme, la Chine a pris une série de mesures de lutte contre le terrorisme et de déradicalisation dans le Xinjiang, notamment la création de centres d’enseignement et de formation professionnels.»

Difficile pourtant de ne pas voir la main de fer que fait peser la Chine sur les Ouïghours. Une vidéo récemment mise en ligne fait état de traitements choquants. D’importants déplacements de détenus ont notamment été effectués à l’abri des regards, dans le plus grand secret, au Xinjiang.

Article modifié le 2019/09/29 à 07h23

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