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Société Publié

L’OCDE casse les préjugés sur l’immigration en Europe

Les éléments fournis par l’OCDE dans un rapport publié hier prennent le contre-pied de l’image d’une Europe croulant sur l’immigration africaine, chiffres à l’appui.

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Sauvetage de migrants en Méditerranée par les équipes de l’Aquarius, le 9 juin. / Ph. Kenny Karpov/HO - Reuters

Alors que la thématique migratoire a ressurgi sur le devant de la scène politique, après le discours d’Emmanuel Macron devant les parlementaires de la majorité, lundi 16 septembre, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a corrigé, dans un rapport, quelques éléments trop souvent repris à tort par les responsables politiques, à commencer par Marine Le Pen.

Dans un rapport sur les «Perspectives des migrations internationales 2019», rendu public mercredi 18 septembre et relayé par Le Monde, l’OCDE analyse les évolutions récentes des mouvements et des politiques migratoires dans ses pays membres et dans quelques économies non-OCDE. Il rend compte également de l’évolution de la situation des immigrés sur le marché du travail dans les pays de l’OCDE.

A rebours de l’image d’une Europe croulant sur l’immigration africaine, le rapport de l’OCDE indique au contraire que seuls 300 000 Africains sont arrivés dans ces pays industrialisés. Parmi les 17 pays qui ont le plus migré vers des pays de l’OCDE, on trouve la Chine, la Roumanie, l’Inde, la Pologne, le Vietnam, le Mexique, la Syrie, les Philippines… mais aucun pays africain. «Il faut même attendre la 18e place pour trouver le premier, le Maroc, et ses quelque 71 000 ressortissants partis (qui ont constitué 1,4% des entrées 2017 dans la zone OCDE)», indique Le Monde.

Les Africains ne sont pas les premiers demandeurs d’asile en Europe

De plus, la liste plus exhaustive des cinquante premiers pays «sources» de l’immigration vers cette zone ne comprend que quatre autres Etats africains aux côtés du Maroc : le Nigéria, l’Algérie, l’Egypte et l’Erythrée. A eux cinq, ils représentent 4% des entrants dans l’espace de l’OCDE et 15% des entrants dans l’Union européenne.

Du rapport de l’OCDE, il ressort également que les Africains choisissent leur pays d’accueil en fonction de l’installation de leurs compatriotes. «Ainsi, ni le Royaume-Uni ni l’Allemagne ne comptent d’Africains dans la liste des dix premiers pays sources qui se sont installés chez eux en 2017, alors qu’en Italie, les Africains (Marocains, Egyptiens, Nigérians, Sénégalais) composent 64% de la population étrangère du pays», poursuit Le Monde. Autre donnée importante : la France compte 4,4% de Maghrébins au sein de sa population et 1,5% de Subsahariens, selon l’Institut national d’études démographiques (INED) – la France n’ayant pas fourni de chiffres à l’OCDE depuis 2015 sur ce sujet.

Les Africains ne sont pas non plus les premiers demandeurs d’asile en Europe : En Allemagne, France, Grèce, Espagne ou Suède, aucun pays africain ne figure dans les trois nationalités qui ont le plus demandé l’asile en 2018. En revanche, sur les quinze premières nationalités qui déposent un dossier dans l’Hexagone, sept sont africaines.

Enfin, sur le front de l’obtention de la nationalité, 55% des 174 274 étrangers naturalisés en France en 2017 sont Africains. Les Marocains sont les premiers à été naturalisés (16 687), suivis des Algériens (16 283) et des Tunisiens (7 045). Au Canada, 2 149 Marocains, 2 004 Algériens et 1 883 Nigérians ont eux aussi été naturalisés.

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