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Politique Publié

CEDEAO : Pour le Maroc, l’approche contre le terrorisme a «atteint ses limites»

Le Maroc veut jouer un rôle plus prépondérant dans la sécurisation du Sahel et l'Afrique de l’Ouest. Son message aux participants au sommet extraordinaire de la CEDEAO est à ce titre révélateur de ses ambitions dans la région.

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Yassine Mansouri et Nasser Bourita à la conférence de la CEDEAO à Ouagadougou / DR

Au sommet extraordinaire de la CEDEAO consacrée à la lutte contre le terrorisme, le Maroc s’est prononcé pour une «rupture» dans le traitement de la problématique. «Les approches partielles et les démarches sélectives ont prouvé leur inefficacité (…) Une remise en cause salutaire et une réflexion profonde sont nécessaires», a souligné le ministre des Affaires étrangères à Ougadougou.

Dans la capitale burkinabaise, Rabat a plaidé pour une «action opérationnelle et pragmatique», «libérée des pesanteurs» au Sahel et ayant une «pertinence géostratégique et non seulement géographique, pour opérationnaliser une solidarité agissante par des coalitions homogènes».

Mais au-delà du poids des mots, il y a l’arme des chiffres à laquelle le Maroc a eu recours à Ouagadougou en vue de convaincre les participants de la nécessité de revoir le modèle de lutte contre le terrorisme. «La région est passée de 1 mouvement terroriste au début des années 2000 (AQMI), à une douzaine actuellement», a déclaré Nasser Bourita.

Pour le Maroc, l’approche actuelle a atteint ses limites

Et d’enchainer en rappelant aux chefs des Etats et de gouvernements du groupement régional que «Boko Haram a réalisé plus de 3.400 attaques depuis le début de la décennie, faisant 36.000 morts. Faut-il souligner de 2922 morts recensés à 912 attentats en 2018, on est passé à 4492 morts dans les 5 premiers mois seulement de 2019».

Sans vouloir jouer le «donneur de leçon» et s’ériger en «modèle» pour les pays de la CEDEAO, le Maroc a tout de même saisi l’opportunité pour couvrir d’éloges son «approche» de lutte contre le terrorisme. Bourita a ainsi fait la promotion d’un islam de juste milieu prôné par le royaume et fait savoir qu’ «assécher le terreau du terrorisme, commence par assécher les affluents qui irriguent : précarité, chômage, déficit éducatif».

Une fois les maux diagnostiqués, le ministre des Affaires étrangères a appelé à la constitution d’une «coalition internationale de lutte contre le terrorisme au Sahel et en Afrique de l’Ouest». Il s’est félicité à cet égard de «l’initiative franco-allemande de réunir, à l’automne prochain, une conférence sur le Sahel, visant la fondation d’un partenariat pour la sécurité et la stabilité régionale, ouverts aux partenaires internationaux».

Au terme de ce sommet extraordinaire, les chefs d’Etats de la CEDEAO ont décidé de mobiliser «1 milliard de dollars» pour contribuer financièrement à combattre le terrorisme. Ils ont invité dans le communiqué final le «Tchad et la Mauritanie à se joindre aux initiatives de financement de la CEDEAO en vue d’actions opérationnelles conjointes» ; Niamey et Nouakchott n’étant pas membres du groupement régional. L’invitation n’a, par contre, pas été adressée au Maroc.

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