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Transports Publié

Les 10 plaies de Casablanca #10 : Petits taxis, grands problèmes

Quel point commun entre les 10 plaies d'Egypte et les 10 plaies de Casablanca ? Si on écoute de nombreux Casablancais, la réponse est évidente : l'apocalypse. La ville ogresse n'a jamais laissé indifférente ses habitants, mais ces dernières années, beaucoup de voix appellent à un peu plus de douceur pour que Casa redevienne la Blanche. Cette série d'articles propose une plongée dans les méandres d’une cité partagée entre crimes et châtiments.

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Photo d'illustration. / DR

Pour notre dixième et dernière «plaie» de Casablanca, la Ville blanche au corps taché de sang, focus sur les taxis rouges. Il ne faut pas chercher bien loin pour entendre les doléances des usagers de ces véhicules : les réseaux sociaux abondent de témoignages dénonçant l’état de délabrement avancé de certains véhicules, le non-respect des limitations de vitesse et du code de la route, le refus d’enclencher le compteur ou de prendre des clients lorsque ces derniers ne vont pas dans la direction souhaitée du chauffeur…

«C’est le chaos les chauffeurs de taxi à Casablanca. Qui détermine la destination du client ? Qui est le responsable ?», s’interroge un internaute sur la page Facebook «Save Casablanca». «Les chauffeurs de taxi aux portes des gares de Casablanca, qui choisissent eux-mêmes leur destination», se lamente un autre, tandis qu’un autre encore dénonce un «danger public».

Ahmed Hamid Chitachni, coadministrateur de cette page Facebook, dénonce «un manque de contrôle des autorités». «En principe, les chauffeurs pointent chaque matin au bureau des taxis pour que le véhicule soit inspecté. Si ce dernier est jugé inapte à la circulation, il n’est pas censé circuler… mais il y a des laisser-passer», ajoute Ahmed Hamid Chitachni. Il déplore également le manque de formation des chauffeurs, «d’où les comportements parfois insolents, à la limite de l’agressivité».

Une subvention qui se fait toujours attendre

Un son de cloche que nuance Bouchaib Abdelmoghit, secrétaire général du Syndicat national des transports de petits taxis, qui fait partie du Comité de coordination nationale du transport au Maroc. Selon ses estimations, 50% des petits taxis qui roulent à Casablanca sont anciens. Une situation qu’il explique par l’interruption des subventions pour le renouvellement du parc des taxis «depuis deux ans», et qui devraient reprendre selon lui «en mars prochain». «Les montants de réparation peuvent atteindre 3 000 DH par mois, soit le double de la traite que les chauffeurs peuvent contracter s’ils achètent un nouveau véhicule», précise également Bouchaib Abdelmoghit.

Quant aux taxis pas toujours conformes, ce responsable syndical indique que «les chauffeurs qui n’ont pas acheté de nouveau véhicule ont des problèmes pour obtenir l’agrément». Ce dernier d’expliquer : «Certains agréments appartiennent en effet à des personnes aujourd’hui décédées. Il faut obtenir l’autorisation des héritiers pour pouvoir le recevoir.»

Bouchaib Abdelmoghit précise par ailleurs que «les chauffeurs de taxis sont récemment parvenus à un accord avec le wali de la région Casablanca-Settat pour qu’ils puissent bénéficier d’une dérogation qui leur permette, même sans l’autorisation du propriétaire de l’agrément, de recevoir la subvention de la wilaya pour pouvoir acheter des véhicules neufs, en attendant le transfert d’agrément».

Bouchaib Abdelmoghit promet que les véhicules seront en meilleur état «dès le versement de la subvention». Une promesse que les Casablancais attendent de pied ferme, et qu’ils vont scruter de près.

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