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Politique Publié

Immigration : Le Maroc profitera-t-il de la colère d’Erdogan pour réclamer davantage d’aides à l’UE ?

Le Maroc et la Turquie ont «épargné» à l’Union européenne les arrivées massives de migrants en provenance du Moyen-Orient et de l’Afrique. Les deux attendent de l’UE qu’elle honore ses engagements financiers, mais chacun à son propre style pour se faire entendre auprès des Vingt-huit.

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Recep Tayyip Erdogan hausse le ton contre l’Union européenne. Le président turc menace d’ouvrir les vannes de l’immigration vers l’Europe si les Vingt-huit ne consentent pas à l’aider financièrement dans les opérations d’accueils des réfugiés syriens.

L’homme fort d’Ankara a déploré que son pays n’ait reçu de l’UE que 3,5 milliards d’euros d’assistance sur les six promis en 2016 en échange de la fermeture définitive de la route en Méditerranée orientale face aux vagues de migrants.

Erdogan a précisé, jeudi dans des déclarations à la presse, que la Turquie a dépensé plus de 40 milliards de dollars dans l’accueil des réfugiés. Un chiffre que la Commission européenne s’est gardé de commenter. En revanche, sa porte-parole, Natasha Bertaud, a précisé qu’«à ce jour l’Union européenne a alloué 5,6 des 6 milliards d’euros approuvés». Et d’assurer que le reliquat sera versé «prochainement».

Le Maroc profitera-t-il de la colère d’Erdogan ?

Au-delà des calculs politico-militaires du président turc, sa menace pourrait servir la requête marocaine réclamant à l’UE davantage de compensations financières pour faire face à l’immigration illégale. Sur les 140 millions euros promis en 2018, Rabat a reçu moins de 70 M€. Et même si la totalité de l’aide était versée, elle serait inférieure aux dépenses consenties annuellement par Rabat dans la surveillance de la route en Méditerranée occidentale, selon les précisions de Khalid Zerouali.

Le directeur de l’Immigration et de la surveillance des frontières au ministère de l’Intérieur avait révélé, dans une interview à l’agence EFE publiée en octobre 2018, que la facture de l’engagement marocain en Méditerranée en en Atlantique s’élève à «200 millions euros par an». Bien avant la proposition du gouvernement espagnol d’accorder annuellement au royaume 50 millions euros, le responsable avait plaidé pour une «aide pérenne» en faveur du Maroc.

Entre le Maroc et la Turquie, il y a une opposition dans le style malgré une situation commune. Si Ankara a choisi la fermeté, Rabat opte plutôt pour la manière douce, laissant d’autres pays de l’UE, tels la France et l’Espagne, le soin de plaider sa cause.

Sans oublier que pour le royaume, la question dépasse de loin volet arithmétique et financier, débordant sur le politique avec le dossier du Sahara. Le Maroc a réussi à convaincre l'Union européenne de contourner les deux décisions de la CJUE et d'intégrer le territoire du Sahara dans les accords agricole et de pêche, au grand dam du Polisario. 

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