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Transports Publié

Les 10 plaies de Casablanca #8 : La circulation au sein de la Ville blanche, un Tetris géant

Quel point commun entre les 10 plaies d'Egypte et les 10 plaies de Casablanca ? Si on écoute de nombreux Casablancais, la réponse est évidente : l'apocalypse. La ville ogresse n'a jamais laissé indifférente ses habitants, mais ces dernières années, beaucoup de voix appellent à un peu plus de douceur pour que Casa redevienne la Blanche. Cette série d'articles propose une plongée dans les méandres d’une cité partagée entre crimes et châtiments.

Temps de lecture: 2'
Un aperçu de la conduite chaotique à Casablanca. / DR

En matière de circulation, Casablanca est un véritable parc d’auto-tamponneuses à ciel ouvert. Ni les piétons, qui slaloment entre les véhicules, ni les conducteurs, qui tentent tant bien que mal de se frayer un chemin dans ce capharnaüm urbain, ne diront le contraire. Sur les réseaux sociaux, les internautes se plaignant de la conduite chaotique en vigueur dans la ville sont légion.

«Honnêtement conduire à Casablanca est devenu un vrai parcours du combattant. Entre les taxis qui s’arrêtent n’importe où, les piétons qui traversent partout SAUF au passage piéton (…), les embouteillages monstres pour cause de travaux ou feux qui ne fonctionnent pas, le manque de civisme entre les automobilistes… Bref je rentre dans ma voiture avec le sourire, j’en sors avec des envies de meurtres», fustige l’un des membres du groupe privé Facebook «Save Casablanca».

«Conduire à Casablanca est une expérience à rajouter sur le CV, surtout pendant le ramadan, la classe ! À bon entendeur !», s’amuse un autre, non sans ironie. «C’est grave comment les gens conduisent sans pardonner et n’excusent personne et ne laissent pas la voie libre même si c’est possible pour eux. Bref conduire avec des Marocains c’est la catastrophe !», s’alarme une autre internaute.

Sensibiliser les plus jeunes

«Tout le monde est responsable : les piétons, les conducteurs et les agents d’autorité», estime Amine Amar, cofondateur de l’Association marocaine contre les accidents de la route (AMAR). «Les conducteurs manquent de civisme : ils ne respectent ni ne connaissent le code de la route. Les piétons, eux, traversent n’importe comment : la seule chose qu’ils veulent, c’est traverser la route et rejoindre leur point de destination. Les piétons ne sont pas conscients des dangers de la route. Il faut savoir que lorsqu’un conducteur roule à 60 km/h, la distance de freinage est estimée à 36 m. Qui le sait ?», interroge Amine Amar.

Ce responsable associatif déplore également qu’un permis de conduire ne soit pas requis pour la conduite des motocyclettes de moins de 120 cm3. «On se retrouve avec des adolescents de 14-15 ans qui conduisent alors qu’ils ne connaissent même pas le code de la route, ne savent pas à qui et quand il faut céder la priorité… La seule chose qu’ils connaissent, c’est le feu rouge et le feu vert !», fustige-t-il. Quant aux infrastructures, il les juge défaillantes et déplore le fait qu’elles ne soient pas «réparées ou changées systématiquement lorsqu’il le faut».

«Un feu qui ne marche pas, c’est un manquement au code de la route. Le problème, c’est que chaque administration se refile la patate chaude. Les élus font peu d’efforts sur ce volet.»

Amine Amar

Si Amine Amar salue les actions de sensibilisation menées çà et là, notamment celles du Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC), il les juge insuffisantes. Pour lui, la sensibilisation passe aussi par l’apprentissage, en l’occurrence dans les écoles. «Cette culture de la route doit pouvoir être enseignée aux plus jeunes», plaide-t-il.

Amine Amar veut également voir sur le petit écran des campagnes «choc» : «Malheureusement, c’est ce qui fonctionne le mieux en termes d’impact». En attendant le réveil des responsables de la ville de Casablanca, les conducteurs de la Ville blanche jouent un Tetris géant et en voit chaque jour de toutes les couleurs. 

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