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Politique Publié

Etats-Unis : De plus en plus de Canadiens musulmans refoulés à la frontière

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Poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle reliant le Québec à l'Etat de New-York / Ph. Don Emmert (AFP)

Au Canada, des avocats s’inquiètent des interdictions d’entrée aux Etats-Unis visant des Canadiens de confession musulmane. Dernièrement, cette mesure a en effet visé au moins six citoyens, dont deux ont témoigné auprès de CBC, relayés par Radio-Canada.

Ainsi, le média rapporte qu’Imran Ally, originaire de Guyane et imam d’une mosquée à Toronto, «a passé plus de cinq heures au poste frontalier de Peace Bridge, près de Fort Erie, en Ontario», avec son épouse et leurs trois enfants. A l’issue de l’interrogatoire, la police aux frontières lui a refusé l’entrée.

Alors qu’il se rendait au pays pour le mariage de sa fille, il a été considéré par un agent américain comme portant un nom qui «correspondait à celui d’un criminel». Il a longuement été questionné «sur ses dons de charité à des organismes qui s’occupent de relocaliser des réfugiés syriens», indique Radio-Canada.

La même expérience a été vécue par le président du groupe de la communauté irakienne turkmène de Toronto, Nejmettin Vali. En voyage aux Etats-Unis avec sa famille, il a subi un interrogatoire de plus de quatre heures. Son téléphone portable a été saisi, tout comme celui de sa femme et de ses enfants, tandis que l’entrée leur a tous été refusée «sans motif».

Nejmettin Vali s’est pourtant déjà rendu aux Etats-Unis par le passé, notamment «pour soutenir ses trois petits-enfants depuis que son propre fils a été tué par des soldats du groupe armé Etat islamique».

«Nous savons que le climat aux Etats-Unis a changé, mais, en même temps, il devrait y avoir des procédures et des manières de faire, et les personnes devraient avoir la possibilité de contester leur cas», a indiqué à CBC Daud Ali, un avocat spécialisé en migration.

«C’est la première fois que je vois un scénario aussi kafkaïen», a déclaré pour sa part Joel Guberman, exerçant comme avocat depuis plus de quarante ans et cité par la même source. En effet, «ni la Guyane, d’où est originaire Ally, ni l’Irak, pays d’origine de Vali, ne font partie des sept pays à majorité musulmane qui composent la liste des pays interdits de visite en vertu d’un décret du président américain Donald Trump», rappelle le média.

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