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Mehdi Savalli : Le seigneur des arènes

Toreador, Mehdi Savalli est l'un des deux meilleurs jeunes espoirs français. Né à Arles, de mère marocaine et de père sicilien, il ne vit que pour l'arène.

Mehdi Savalli : Le seigneur des arènes

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Ce qui surprend et séduit même, lorsque vous parlez à Mehdi Savalli pour la première fois, c'est son accent. Un doux accent envoûtant qui vient vous chatouiller l'oreille et vous rappelle les vieux films du comédien français Fernandel. «Normal, lance Mehdi en riant, je viens du Sud !».

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Le Sud coule dans les veines de Mehdi Savalli, toréador de talent de 26 ans. Il est le fruit d'un métissage entre une mère marocaine née à Bouznika et un père sicilien. Alors que sa mère Fabiaa est encore petite fille, elle quitte le Maroc, pour suivre sa propre mère, femme de ménage chez une famille française pour s'installer dans le sud de la France, une région qu'elle ne quittera plus.

Mehdi naît et grandit à Arles, aux portes de la Camargue, dans les Bouches-du-Rhône. La ville est non seulement célèbre pour ses monuments et amphithéâtres romains mais aussi pour son patrimoine taurin. Alors que la tauromachie espagnole a fait son entrée en France en 1701, la toute première corrida a eu lieu dans les arènes arlésiennes en 1853. Depuis, la ville organise régulièrement différentes manifestations populaires comme les courses camarguaises où les participants tentent de récupérer des rubans ou des pompons en laine accrochés au taureau. Mehdi baigne dans cette culture depuis sa plus tendre enfance et se passionne très vite pour les taureaux.

«Au départ, ce qui m'a le plus plu, ce n'était pas le taureau en lui-même mais plutôt de m'amuser avec lui», explique-t-il. «Comme je n'étais pas bon à l'école et que je détestais écouter le professeur en classe, j'ai décidé de m'inscrire à l'Ecole taurine d'Arles. Plus je m'amusais avec les taureaux et plus j'y prenais goût. Ce que j'adorais par-dessus tout c'était le risque que je prenais face à l'animal, mais aussi le plaisir que je procurais au public», ajoute-t-il.

Une passion qui n'est pas du goût de ses parents ; sa mère en particulier craint que son fils ne soit blessé grièvement par un taureau. Alors qu'il n'est encore qu'un petit garçon, Mehdi fait ses premiers pas dans l'arène et affronte des vachettes de quelques dizaines de kilos, sous l'œil sévère du directeur de l'Ecole taurine, Paquito Leal, un matador dont la réputation n'est plus à faire en France. C'est là que le jeune garçon apprend à se déplacer sur le sable des arènes, à faire des passes avec sa cape, à prévoir la réaction de l'animal mais aussi à affiner son expression artistique et à gagner en charisme.

De leur côté, les parents de Mehdi le voyant heureux et épanoui finissent par accepter sa passion. Les années passent et Mehdi s'améliore. Il se fait rapidement remarquer par des agents spécialisés, appelés «apoderados», des managers dont la mission est de lui décrocher des contrats pour toréer partout dans le monde. A 26 ans, Mehdi Savalli est aujourd'hui l'un des grands espoirs de la tauromachie française. Il assure avec humour que le meilleur jeune toréador de France est Sébastien Castella, l'un de ses amis, et que lui n'est, lui-même, que second.

Show-man

Malgré des années d'entraînement, le danger est toujours présent dans l'arène et le taureau imprévisible. Mehdi entre dans l'arène sans porte-bonheur ni prière. «Lorsque je rentre, tout est improvisé parce que je ne connais pas la personnalité et le comportement du taureau en face de moi; certains sont plus dangereux que d'autres. C'est durant le combat qu'on découvre la réelle force du taureau. A partir du moment où le taureau pénètre dans l'arène, il faut le canaliser et surtout donner du spectacle au public», insiste Mehdi. Pendant 25 minutes le jeune matador de 80 kilos affronte le colosse noir de 500 kilos. Mehdi va jouer, défier la brutalité de l'animal à coup de passe avec sa cape, enfoncer profondément des banderilles dans son cou sous les cris d'encouragement de la foule. Le taureau étourdi et blessé continue à courir et à lutter de toutes ses forces contre son adversaire.

«Les meilleurs taureaux, avec lesquels je me régale, ne sont pas nécessairement ceux que je tue ! lance Mehdi froidement. «Je peux achever le taureau avec une épée mais s'il est très performant, s'il se prête au jeu, je ne le tue pas. En réalité, c'est le public qui décide. Si les spectateurs sortent un mouchoir orange, on gracie le taureau pour qu'il devienne reproducteur», poursuit-il.

Pour avoir lutté contre plus de 400 taureaux dans sa carrière, il est arrivé que le jeune homme ne sorte pas vainqueur du duel «Une fois, un taureau m'a encorné. Une de ses cornes est rentrée dans ma jambe, mais j'ai quand même continué le combat», insiste-t-il d'un ton fier. «Ensuite, à la fin du combat, je suis allé à l'hôpital. Je dois reconnaitre que ce taureau en particulier était très difficile à canaliser. Je suis retourné dans l'arène 15 jours après. Nous les matadors on est différent des humains, on est des warriors, on se rétablit vite !», lance-t-il en éclatant de rire.

Amoureux du Maroc

Alors qu'il a toréé à maintes reprises en Espagne, en Colombie, en Equateur ou encore au Mexique, il y a une terre que Mehdi rêve de fouler : le Maroc, un pays qu'il ne connait pas. Toréer sur le sol marocain devant un public marocain est son plus grand rêve. Mehdi ne connait rien du Maroc, de ses paysages ou de sa société, mais il est irrésistiblement attiré par le royaume. «J'en entends beaucoup parler et je sais que c'est un très beau pays et que les gens sont gentils. Ce que je souhaite par-dessus tout est de me marier avec une Marocaine parce que je suis attirée par les Marocaines», déclare-t-il timidement. «Mais si je viens au Maroc, je vais d'abord chercher le taureau et ensuite la Marocaine !», jette-t-il en pouffant de rire.

Il faut dire qu'avec son teint bronzé qu'il tient de sa mère, son 1m70 et son sourire ravageur à la Luis Mariano, Mehdi plaît aux femmes. Difficile, pourtant, de vivre une parfaite idylle avec une jeune femme lorsque le taureau s'invite au beau milieu du couple ! Mehdi reconnaît que son unique partenaire reste le taureau. «J'ai été en couple pendant 2 ans avec une française d'Arles. Durant notre relation, j'ai remarqué que lorsque je rentrais dans l'arène, je n'étais pas à 100% avec le taureau. Seulement à 50%. C'est pour ça que je préfère être célibataire actuellement pour me dédier à 100% au taureau. En couple, je me prends trop la tête !, explique-t-il, j'ai plus de trophées de queues de taureau que de conquêtes !»

Déjà célibataire par amour de la tauromachie, Mehdi va également devoir se remettre au régime sec et privilégier les soupes de légumes. Il part prochainement en Espagne s'entraîner pour la prochaine saison qui débutera en avril.

non merci !
Auteur : Lion de l'atlas!
Date : le 10 janvier 2012 à 21h37
Ils sera toujours le bien venu au maroc le pays de sa mère mais rapporté cette tradition européenne"ibérique " nous marocains ne l'accepteront pas car l'Islam nous interdit de faire souffrir une bête juste pour le plaisir ! Donc non merci.
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