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Culture   Publié

Maghreb Jazz ou la passion d'un guitariste néerlandais pour la musique marocaine

Jan Wouter Oostenrijk est un guitariste néerlandais fasciné par la musique marocaine. Avec sa guitare spéciale, le musicien marie des croisements de musiques occidentale et africaine, en s’appuyant notamment sur les rythmes chaabi et gnawa.

Temps de lecture: 3'
Jan Wouter Oostenrijk est un guitariste néerlandais qui joue de la musique marocaine. / Ph. Eddy Taatgen

Jan Wouter Oostenrijk a passé vingt-cinq ans de sa carrière de féru de jazz et de blues à la recherche de la manière la plus parfaite et la plus douce afin de combiner entre ses solos de guitare orientés vers l’occident et une musique marocaine authentique. Ce n’était pas une tâche facile, mais le tout a été couronné de succès, lui permettant d’apprendre beaucoup de choses sur les cultures marocaine et nord-africaine.

L'amour de Jan pour la musique chaabi, raï et gnawa a commencé à Amsterdam, sa ville natale. Il était étudiant de jazz quand il a découvert la musique nord-africaine. «J'étudiais au conservatoire d'Amsterdam quand j'ai rencontré des Marocains qui formaient un groupe de raï», se souvient le guitariste néerlandais.

«C'était le coup de foudre», quand Jan a entendu ce que ces jeunes avaient à offrir. «Ils n'ont joué des chansons de Cheb Khaled, Cheb Hasni et de tous ces célèbres chebs», confie-t-il à Yabiladi.

Après avoir joué toutes ces chansons à succès de la musique raï, Jan et son groupe marocain commencent à créer leur propre musique. C'était toutefois différent de ce qu'il fait aujourd'hui. «Au début, j'étais plus un guitariste occidental pour le groupe, jouant des solos de jazz et de blues», nous déclare-t-il, ajoutant qu'après deux ans, il a décidé de créer son propre mix, avec à la fois des de la musique marocaine et occidentale. 

Découverte de la musique marocaine

Mais pour accomplir une telle tâche, Jan a plié bagages pour le Maroc afin d’en savoir plus sur une culture qu'il souhaitait traduire avec sa guitare. «J'ai passé deux mois à voyager à travers le Maroc, à visiter des villes comme Rabat, Casablanca, Marrakech, Nador et Oujda ainsi que des villages», nous raconte le guitariste.

En plus de son voyage de découverte au royaume, Jan apprend aussi la Darija aux Pays-Bas, afin de mieux comprendre tous ces genres musicaux marocains.

Depuis lors, sa vie prend une tournure différente. Il se concentre alors, principalement, sur ce qu'il aime appeler Sharqui Blues et Maghreb Jazz. «J'aime ces rythmes, ces motifs chaabi multicouches et tous les instruments uniques que nous ne retrouvons pas ici (aux Pays-Bas, ndlr), comme le bendir et krakeb», précise-t-il.

Des croisements pour comprendre les cultures

Jan a travaillé dur pour incorporer ces «mélodies optimistes», comme il aime les appeler, à ses compétences en guitare. Il a même créé une guitare spéciale pour imiter les sons de la musique marocaine. «J'ai fabriqué une guitare spéciale pour ce genre de musique, je l'appelle une guitare quart de ton, avec des frettes supplémentaires sur le manche», explique-t-il. Cette guitare permet au musicien de créer des quarts de tons ou des micros tons comme ceux que l'on trouve dans le système des tons arabes et orientaux.

Le reste est ensuite laissé à son improvisation et à sa créativité : «J'aime improviser et faire de nouvelles choses avec de vieilles chansons.» Et son message au monde, il le veut plus large que la musique seulement.

«Ce que je fais concerne principalement la connexion des cultures et c'est très important. Je vois beaucoup d'Occidentaux qui ne comprennent pas vraiment la culture arabe et l'inverse. Je veux que la musique joue ce rôle, réunissant les gens et introduisant les cultures.»

Jan Wouter Oostenrijk

Et cela fonctionne, au Maroc comme aux Pays-Bas, où est basée une grande diaspora marocaine. Bien que les personnes âgées puissent remettre en question son style musical ou ne pas le comprendre, «les jeunes l'apprécient vraiment», nous dit-il. «Même au Maroc, je vois des jeunes admirer la musique occidentale et profiter de ces croisements», enchaîne-t-il.

De plus, Jan a joué à plusieurs reprises au Maroc et collaboré avec des chanteurs marocains et nord-africains, notamment Farid Ghennam et Karim Ziad, ainsi que Majid Bekkas et Maalem Mahmoud Guinea. Il parcourt également le monde avec sa musique et se produit dans plusieurs pays d’Afrique et d’Europe.

Jan veut apprendre davantage sur le monde arabe et sa musique. Il envisage de faire une maîtrise en guitare quart-ton et Taqsim, qui fait référence à l'improvisation musicale mélodique réalisée avec le luth.

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