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Grand Angle

Diaspo #105 : Chaymae Samir, l’entreprenariat dans l’âme

Cette jeune marocaine originaire de Mohammedia a gravé un à un les échelons du monde de l’entreprenariat. Elle est aujourd’hui à la tête de deux entreprises basées à Londres, la ville où sa carrière a pris un tournant.

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La fibre entrepreneuriale, Chaymae Samir l’a depuis qu’elle est toute petite. / DR
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La fibre entrepreneuriale, Chaymae Samir l’a depuis qu’elle est toute petite. A 25 ans, il lui semble donc tout naturel d’être déjà à la tête de deux entreprises basées à Londres, où elle s’est installée l’été dernier. Née à Mohammedia de parents eux-mêmes chefs d’entreprise, elle y a vécu jusqu’à ses 14 ans, lorsque la famille a déménagé à Agadir.

Diplômée du lycée français de cette même ville, elle intègre Sciences Po Paris grâce à une bourse de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), dont elle sort diplômée d’un double master en finances et stratégie. En parallèle, elle décroche une licence en droit économique des entreprises à l’université Panthéon-Assas. Dès lors, c’est un petit tour du monde qui s’ouvre à elle : elle intègre un programme d’échange à l’université de Malaya, à Kuala Lumpur, en Malaisie, axé sur l’entreprenariat, avant de suivre une formation à la Fondation Getúlio Vargas à Sao Paulo, au Brésil.

Londres, la ville de tous les possibles

Puis retour au Maroc. A l’issue de ses études, elle regagne son pays natal où elle lance sa première entreprise, Educap’ Soutien Scolaire. «Rentrer au Maroc, c’était la manière la plus simple pour moi de créer ma première entreprise. J’ai commencé dans le soutien scolaire parce qu’à l’époque, à Agadir, il n’y avait pas de concurrent comme il y en avait à Casablanca et Rabat. Après ça, j’ai investi dans la restauration : je retapais des locaux que je louais – et que je loue toujours – à des restaurateurs. Puis par la suite, j’ai tout vendu et je suis venue en Angleterre où j’ai démarré une autre entreprise», nous explique-t-elle.

Cette société, créée fin 2018 et spécialisée dans les cosmétiques, s’appelle Sunday Ivy. «Le but, c’est de commercialiser des produits innovants. On a commencé à vendre une éponge pour appliquer le fond de teint : elle n’absorbe pas le fond de teint et permet donc d’économiser du produit», vante Chaymae Samir. Signe que les affaires semblent marcher : l’année prochaine, ce produit devrait être commercialisé dans 600 magasins, aussi bien en Europe qu’au Moyen-Orient. «Cette éponge est notre premier produit ; elle a une vraie valeur concurrentielle. On a en d’autres qui arrivent mais pour l’heure, je ne peux pas trop en parler», glisse-t-elle.

Chaymae Samir est désormais à la tête de deux entreprises, sans compter les locaux de restauration qu’elle loue au Maroc. Sa seconde société, dont elle est cofondatrice, est une application baptisée Rowith qui dispense des entraînements sportifs par le biais d’athlètes professionnels.

«Cette fibre entrepreneuriale a toujours été en moi, depuis mon enfance. Mes parents avaient eux-mêmes leurs propres entreprises. Pour moi, c’était la seule manière d’avoir du succès au Maroc. Je me suis dit qu’en créant mes propres sociétés, je pourrais avoir un impact sur les gens, créer des jobs. Depuis le bac, tout ce que j’ai fait, je l’ai fait pour apprendre à gérer une entreprise.»

Chaymae Samir

Une petite carrière d’intervenante

Sa passion entrepreneuriale la mène aussi à New York. En 2018, elle s’est exprimée à l’Assemblée générale des Nations unies sur l’emploi. «Le travail des jeunes dans la région est une problématique qui me tient à cœur, j'ai d'ailleurs publié plusieurs articles à ce sujet pour Forbes et le Forum économique mondial. Les jeunes sont les moteurs et les ingénieurs des changements dans le monde et il faut souligner l’urgence pour les gouvernements d’élaborer des politiques de soutien aux jeunes et de les associer à la gestion de l’avenir», avait-elle expliqué au journal Le Matin à cette occasion.

Ses chroniques publiées dans le prestigieux magazine Forbes et pour le Forum économique mondial, la jeune femme s’en est servie comme d’un tremplin. «J’ai remarqué qu’on parlait beaucoup de la génération des Millennials dans le monde, notamment en Europe, mais très peu dans les pays arabes. J’ai trouvé ça dommage et j’ai voulu en parler», affirme-t-elle. C’est donc justement dans les pays arabes, en l’occurrence le Moyen-Orient, qu’elle participe à des conférences, notamment en Arabie saoudite. «Je me suis exprimée sur la manière dont les grandes entreprises du Moyen-Orient, notamment en Arabie saoudite, peuvent être attrayantes pour ma génération, c’est comme ça que j’ai commencé une petite carrière d’intervenante», précise Chaymae Samir.

Pour l’instant, cette jeune entrepreneuse est décidée à rester à Londres. «Je veux développer ma société, agrandir mon empreinte. Ceci dit, je ne suis pas contre l’idée de développer d’autres projets au Maroc, où j’ai une attache très forte. Je ne sais pas si on réalise toujours nos envies, mais en tout cas l’ambition est là.»

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