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Transports Publié

Maroc : L’été, saison des vacances familiales… et des accidents de la route

L’été corrélé aux fêtes et notamment l’Aïd El Kébir devient doublement la saison de tous les déplacements. En effet, c’est l’occasion de profiter des vacances pour se réunir avec les proches. Le revers de la médaille est que cette période est entachée par un nombre plus élevé d’accidents de la route.

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Photo d'illustration / Ph. DR.

Ces dernières heures, l’hôpital provincial de Taounate a vécu une activité inhabituelle. En effet, il a accueilli le plus grand nombre de victimes de trois graves accidents de la route, survenues sur les tronçons reliant Fès à Al Hoceïma, au niveau d’Oued Sra, non loin de Zrizer.

En moins de 24 heures, trois drames ont été recensés sur les lieux. Le premier est survenu lorsqu’un autocar, vraisemblablement surchargé, a percuté un poteau avant de se renverser. Le bilan a été de cinq à six morts, dont le conducteur.

Quelques heures plus tard, un deuxième s’est renversé en faisant 46 blessés selon les autorités locales, contactées par Yabiladi. 37 des passagers ont été admis à l’hôpital de Taounate et quatre au CHU de Fès. Les circonstances de l’accident ne sont pas officiellement définies, mais des témoignages évoquent un problème de freins.

En fin de matinée de ce jeudi, un troisième véhicule au niveau de la même zone s’est lui aussi renversé, faisant moins de dégâts mais ravivant de nouveau les inquiétudes. Il s’agit cette fois-ci d’un camion de transport de légumes. Plus tard, des images circulant sur les réseaux sociaux ont montré des passagers d’un autre autocars qui ont refusé de prendre la route pendant deux heures, préoccupés par l’état technique du véhicule et surtout des pneus, qui ont été finalement changés.

La prévention reste une clé pour éviter les drames

Au cours de cette saison, «la vigilance doit plus que jamais être de mise sur les routes», puisqu’il s’agit d’une période de «grands départs» qui est «très souvent meurtrière, suite à l’augmentation du trafic qui atteint presque le tiers de celui enregistré au cours de l’année», nous explique Abdessadek Maafa, chef de la Division communication et sensibilisation au sein du Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC).

«Cette augmentation de mobilité et de trafic est corrélée constamment à l’augmentation du risque routier», affirme-t-il à Yabiladi, soulignant que l’objectif de l’instance est «d’écarter ces deux courbes en maîtrisant davantage le niveau de risque grâce à l’adhésion des différents acteurs institutionnels et de la société civile». Ainsi, le responsable fait état d’actions préventives diversifiées au niveau de la CNPAC, notamment «en renforçant les actions de proximité».

Dans ce cadre, il fait état de la présence d’unités du comité «au niveau des 14 gares routières, des 3 ports et de 38 centres commerciaux» dans les différentes villes du pays. «Un ''village de sécurité routière'' sera également mis en place dans 10 plages nationales pour animer 3 ateliers d’éducation routière au profit des enfants et des adultes», ajoute-t-il.

Par ailleurs, Abdessadek Maafa confirme la présence de la CNPAC au niveau de centres de colonies de vacances, en attendant le lancement d’une «action de communication directe en collaboration avec les composantes de la société civile dans 53 villes et ce, pour sensibiliser les différents usagers de la route autour des dispositions de sécurité routière».

«Or, établir un lien unique et direct entre l’amélioration des indicateurs de la sécurité routière et la multiplication des actions de communication hors média à elle seules demeure une analyse incomplète voire incorrecte puisque la problématique de l’insécurité routière est plus complexe, compte tenu de son caractère multisectoriel», nous explique encore Abdessadek Maafa.

La sécurité routière n’est pas souvent respectée en «haute saison»

Outre la prévention, ces drames interpellent grandement sur le volet de contrôle de la sécurité routière, notamment l’état de l’infrastructure ainsi que l’état technique des véhicules et le respect des normes dans ce sens.

Ce travail relève directement de la direction des routes, qui dépend du ministère des Transports. Contacté à plusieurs reprises ce jeudi par Yabiladi, ni le ministre Najib Boulif, ni ses différents départements, n’ont donné suite à nos sollicitations téléphoniques pour commenter la problématique.

Toujours est-il qu’en plus de la nature topographique de la province de Taounate et de sa situation dans le pré-Rif, ce qui nécessite de redoubler de vigilance au volant, la succession de ces drames en peu de temps interpelle à plus d’un titre. Elle remet en avant la question du respect du code de la route, mais aussi du degré de contrôle vis-à-vis des usages de certains autocars.

En effet, c’est au cours de cette haute saison que nombre de voyageurs remettent en question la surcharge des véhicules et la course des conducteurs à l’arrivée, certains d’eux étant pressés d’enregistrer un plus grand nombre de passagers transportés et de trajets effectués par jour.

Pour la CNPAC, l’impératif reste de «cibler les usagers de la route au moment même de l’action pour les amener à reconsidérer leurs comportements sur la route en voyageant».

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