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Les créatures les plus étranges et les plus redoutables ayant vécu au Maroc

Nombreux sont les dinosaures ayant vécu ou erré sur les terres et plâner dans le ciel de l’actuel Maroc. Il y a des millions d'années, la région abritait des créatures de différentes formes, certains pouvant nager, tandis que d'autres disposaient d’ailes et pouvaient voler.

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Photo d'illustration. / Ph. DR

Il y a des millions d'années, les dinosaures peuplaient la planète Terre avant qu’un événement tragique ne mette fin à leur existence. Des scientifiques pensent, en effet, que la météorite de Chicxulub, qui s’était écrasée sur Terre il y près de 66 millions d'années, aurait ainsi causé plusieurs catastrophes naturelles conduisant à cette extinction.

Heureusement pour nous, les scientifiques et les paléontologues ont réussi à trouver des traces prouvant que les dinausaures de différentes tailles ont bel et bien existé. Les fouilles dans différents bassins ont aussi permis d’affirmer que beaucoup de ces créatures aux formes étranges vivaient, chassaient et parcouraient le Maroc actuel.

C’est grâce à des fossiles de dinosaures découverts au Maroc que des chercheurs ont réussi ainsi à répondre à des questions sur le monde préhistorique. Le royaume a donc été constitué d’une riche faune de dinosaures au cours de différentes périodes. Pour ceux qui sont assez curieux pour connaître ces animaux gigantesques et préhistoriques, quatre dinosaures aux aspects bizarres se distinguent par rapport aux autres créatures ayant vécu dans la région.

Spinosaurus, le dinosaure nageur de Kem Kem

C'est un théropode, un très gros mais surtout un bon nageur. Ce dinosaure a été découvert pour la première fois en Egypte en 1912 en Afrique du Nord. Le Spinosaurus, qui vivant à l’époque crétacée selon les scientifiques, a également été découvert au Maroc.

La première découverte a été faite dans le lit de Kem Kem (Cénomanien) de la région de Tafilalet, au sud-est du Maroc. Luke Mahler, du département d’anatomie et de biologie organisationnelle de l’Université de Chicago, décrit cette région comme ayant produit à l’humanité «un nombre démesuré» de fossiles de carnivores, dont Spinosaurus.

Illustration d'un Spinosaurus. / Ph. Sergey KrasovskiyIllustration d'un Spinosaurus. / Ph. Sergey Krasovskiy

Des scientifiques l’ont identifié comme étant le premier dinosaure semi-aquatique connu. C’est aussi grâce à un Marocain, le professeur Nizar Ibrahim, paléontologue à l'Université de Chicago et principal auteur d’une étude sur cette espèce que le squelette entier du Spinosaurus a pu être reconstitué. 

L’animal pouvait peser jusqu’à 20 tonnes et mesurait 15 mètres de long, soit trois de plus que le plus grand des Tyrannosaurus rex. Ce qui en fait le plus grand dinosaure prédateur qui a parcouru la planète. Le prédateur semi-aquatique avalait ses proies équivalant à la taille d’une voiture un peu comme un pélican, comme l’a révélé une étude sur sa mâchoire. «Les Spinosaurus étaient des animaux très étranges avec un crâne semblable à celui d’un crocodile, une longue mâchoire et des dents étroites et coniques», avait déclaré Octavio Mateuse de l’Université Nova Lisboa.  

De plus, deux paléontologues italiens, avaient rendu publique, l’année dernière, une étude sur le plus petit des plus grands dinosaures théropodes découverts au Maroc. Le petit Spinosaurus, découvert grâce à un fossile de la petite griffe de ce spécimen, longue de seulement 21 millimètres découverte au Maroc, mesurerait près de 3,56 mètres seulement et serait ainsi le plus petits Spinosaurus ayant vécu sur terre.

Cetiosaurus, le dinosaure herbivore à long cou

C’est à El Mers, petite ville et commune rurale de la province de Boulemane de la région de Fès-Meknès et dans des couches du Bathonien (couches du Jurassique moyen, datant de 160 millions d'années) que le premier Cetiosaurus, un géant dinosaure herbivore, a été découvert par le paléontologue français Albert-Félix de Lapparent, considéré comme pionnier de l'étude des dinosaures, en 1960.

Il a extrait des «éléments de plusieurs portions de squelettes d'un gros dinosaure sauropode qu'il décrivit sous le nom de Cetiosaurus mogrebiensis», rapporte la plateforme Prehistoire-du-Maroc. Il lui donne ainsi ce nom car le dinosaure était, selon lui, assez semblables au Cétiosaure anglais, premier sauropode découvert en 1841 par Richard Owen, le créateur du concept des dinosaures.

Un Cetiosaurus comparé à la taille d'un humain. / Ph. DRUn Cetiosaurus comparé à la taille d'un humain. / Ph. DR

Pour Lapparent, les ossements du dinosaure sauropode découverts à El Mers étaient assez semblables à ceux du Cétiosaure anglais, mais quelques différences l'amenèrent à créer une espèce nouvelle, d'où le nom de Mogrebiensis pour un dinosaure ayant vécu à la même époque que son frère anglais.

Des recherches ont permis d’affirmer que cette espèce se reproduisait par la ponte et qu’elle ressemblait beaucoup aux diplodocus et aux apatosaurus, qui pourraient même être ses descendants. Le Cétiosaure mesurait 18 mètres et pesait probablement jusqu'à 30 tonnes. «Il avait à peu près la même taille que les grandes baleines de l'Atlantique Nord», rapporte-t-on.

Ptérosaures, le reptile volant, cousin des dinosaures

Le troisième type s’approche plus des reptiles que des dinosaures. Les Ptérosaures, dont les fossiles ont été découverts au Nord du Maroc, étaient des reptiles volants et cousins des dinosaures. L’espèce découverte au Maroc vivait durant la période Crétacé selon une étude publiée en mars 2018 par des chercheurs des universités de Bath et Portsmouth en Angleterre. Sa découverte a été considérée comme un tournant dans la recherche paléontologique car les scientifiques pensaient que les Ptérosaures avaient disparu bien avant les dinosaures, c’est-à-dire il y a 66 millions d’années.

L’étude, publiée au journal PLOS Biology, avait toutefois précisé que les fossiles retrouvés dans le royaume appartenaient à la période Crétacé. 

Un Coloborhynchus de la famille des Ptérosaures. / Ph. DRUn Coloborhynchus de la famille des Ptérosaures. / Ph. DR

«Les restes fragmentaires, principalement les dents et les extrémités de la mâchoire, représentent plusieurs types de ptérosaures, bien qu'une seule espèce, l'ornithocheiride Coloborhynchus moroccensis, ait été nommée», rapporte-t-on dans une autre étude élaborée par Nizar Ibrahim , David M. Unwin, David M. Martill, Lahssen Baidder et Samir Zouhri publiée en 2010 sur une autre espèce découverte dans le lit de Kem Kem. «Les gisements de Kem Kem ont fourni l'assemblage de ptérosaures le plus diversifié jamais signalé en Afrique et constituent la première preuve claire de la présence d'azhdarchidés à Gondwana au début du Crétacé supérieur», précise-t-on. 

Chenanisaurus barbaricus, le cousin du T-Rex

Découvert au Maroc par une équipe scientifique britannique de l'Université anglaise de Bath, ce dinosaure a été confondu avec un abélisauridé de la période géologique du Crétacé, avant qu’il ne soit finalement classé comme étant une espèce encore plus rare. Chenanisaurus barbaricus a fait l’objet d’un article publié en mars 2016 par le professeur Nicholas R. Longrich et son équipe.

Ce monstre carnivore serait «l'un des derniers dinosaures vivant en Afrique avant leur extinction, il y a 66 millions d'années». Chenanisaurus barbaricus serait même le «petit» frère du Tyrannosaurus Rex nord-américain, communément appelé T Rex. Deux espèces qui se distingue de l’abélisauridé, un prédateur disposant d’un museau plus court, plus émoussé et des pattes plus minces. 

Dessin représentant le Chenanisaurus barbaricus. / Ph. Jeremy D Herz - SaberrexDessin représentant le Chenanisaurus barbaricus. / Ph. Jeremy D Herz - Saberrex

Nicholas R. Longrich a expliqué que le Chenanisaurus barbaricus peut même être le «premier dinosaure nommé depuis la fin du Crétacé en Afrique». «C'est aussi l'un des derniers dinosaures africains avant l'extinction massive des dinosaures», poursuit-il.

Selon les estimations, le dinosaure mesurait entre 7 et 8 mètres de long, se tenait sur deux membres et possédait des pattes courtes. Ses dents suggèrent qu’il pouvait broyer très facilement des os, ce qui faisait de lui un redoutable prédateur.

Sa découverte a permis aux scientifiques de confirmer la théorie de l’évolution des espèces pendant le Crétacé supérieur, au lendemain de la fracture du supercontinent appelé Gondwana.

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